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2020 en 20 choses positives

28 décembre 2020
Comme tout le monde, j’ai vécu mon lot de défis en 2020. Beaucoup de stress, d’anxiété et d’insomnie, mais un confinement somme toute très doux, le printemps dernier, entourée de mon homme et notre fille. Je reste persuadée que la capacité d’adaptation développée au fil de nos pérégrinations nous ont aidés, au quotidien, à avancer dans le brouillard.
Cela ne veut pas dire que je n’ai pas galéré moi aussi cette année. Si les périodes passées en famille font partie des moments les plus sereins, la gestion de l’école  – et des décisions gouvernementales qui y sont liées -, c’est autre chose… Le lâcher-prise n’a jamais été aussi difficile.
Bien qu’il me tarde de pouvoir rendre visite à nos familles et amis éparpillées sur trois continents, je vis plutôt bien cette sédentarité forcée, même neuf mois plus tard. Oui, sentir le soleil sur ma peau me manque, tout comme l’ivresse de la découverte. Mais j’ai du boulot. Une famille unie. Un peu de temps pour renouer avec certains hobbys et apprendre autrement. Je me sens privilégiée malgré tout.
Télétravailleuse depuis 1997, j’ai par moments eu l’impression cette année que tout le monde faisait un stage forcé dans ma vie, les voyages en moins. J’ai été cette mère avec un jeune enfant qui écrivait de nuit et pendant les siestes, mais c’était mon choix à l’époque, tout comme c’était mon choix de travailler surtout de chez moi – et de de n’importe où – dès le début de ma carrière. On m’a souvent traitée de folle de travailler autant et d’emmener ma fille partout (ou presque), mais je pense que ce mode de vie erratique aux yeux de certains nous a bien outillés tous les trois. N’empêche, être forcé de faire quelque chose change complètement la perspective. Je compatis autant avec les parents qui ont rêvé cette année de moments de répit qu’avec les gens seuls qui préféreraient ne pas l’être.
J’ose tout de même espérer que ceux qui ont subitement découvert les joies de la vie en mou arrêteront de croire que travailler de la maison signifie pouvoir tout faire en même temps, y compris le lavage, le ménage et s’occuper de la marmaille.

L’importance des sources fiables

Certains ont ressenti le besoin de se déconnecter le plus souvent possible cette année. Personnellement, suivre l’actualité et m’informer en amont m’a au contraire grandement aidée à traverser cette période d’instabilité. J’ai besoin d’avoir l’heure juste, tout le temps, pour garder le cap. Beaucoup plus que d’arcs-en-ciel et de formules éculées…
Contrairement à bien des gens, je n’ai pas envie d’oublier cette année trouble. Je ne crois pas, non plus, au « retour de la vie d’avant ». On ne voulait pas voir les conséquences de nos actes: on les a eues en pleine face. Ce serait con de tout jeter et de recommencer à faire les mêmes erreurs, non? Je revendique haut et fort le droit de croire en un monde meilleur, même si ma foi en l’humanité a été rudement mise à l’épreuve au cours des derniers mois. Le réalisme avec un brin d’idéalisme. Avancer plus lentement, mais sûrement.

Il faut arrêter de penser que l’humain est d’un côté, et l’animal de l’autre. En matière de santé, ce qui se passe chez l’un va avoir un impact chez l’autre. Protéger la faune sauvage, protéger la nature, c’est protéger l’humain, souligne Pauline Grentzinger, vétérinaire du Parc naturel de la Lékédi, qui œuvre pour la préservation de la biodiversité, tout près de Franceville.

(Source: AFP / Radio-Canada)

Des fleurs à travers le fumier

De 2020, j’ai envie de garder les enseignements. Alors que les vaccins apportent une lueur d’espoir, j’ai ressenti le besoin de dresser une liste de 20 choses positives que je retiens, autant dans mon petit monde que dans le grand. Pas d’ordre précis, à part le premier point qui reste la base: plutôt un fourre-tout d’événements qui m’ont marquée à différents niveaux. À consulter dans l’ordre ou le désordre.
1. L’amour sous toutes ses formes. La famille. Les (rares) amitiés sincères qui traversent le temps et vont au-delà des statuts Facebook. La complicité.
2. Le boulot. Cette année, je me suis rappelée pourquoi j’ai choisi journalisme, à l’adolescence. De nouvelles collaborations se sont ajoutées et d’autres se sont poursuivies. J’ai la chance d’avoir pu continuer à garder le voyage comme fil conducteur, même sans quitter les frontières du Québec. Je suis si heureuse de mes participations régulières à Avenues.ca, au cahier Plaisirs du Devoir (depuis juin), dont la chronique hebdo «Quoi faire au Québec», et à Moteur de recherche! De belles collaborations ponctuelles, notamment aux magazines ELLE Québec et Véro et aux émissions Par ici l’info (ICI Estrie) et C’est encore mieux l’après-midi (ICI Québec), m’ont aussi permis de continuer à exercer mon travail, mais surtout de raviver la flamme.
La pandémie m’aura aussi amenée à être invitée à Y’a du monde à messe et à intervenir dans différentes émissions, surtout de radio. De quoi donner un sens à plusieurs de mes décisions des dernières années et à mettre en veilleuse mes remises en question professionnelles – pour le moment du moins.
Parmi mes belles surprises de l’année, il y a aussi eu l’animation d’une série d’apéro-entrevues virtuels avec le Comité Martiniquais du tourisme et ma participation au collectif Le Projet P, publié chez Québec Amérique.
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3. L’un des plus beaux voyages de ma vie, en février. Aux antipodes, les trains déglingués du Sri Lanka et l’opulence de « l’Orient-Express de l’Asie », de Singapour à Bangkok. Mille raisons d’être émue dans un extrême comme dans l’autre. J’en profite pour souligner le travail impeccable de Voyageurs du monde, qui a attaché les ficelles de mon séjour au Sri Lanka. Plus que jamais, nous aurons besoin de l’expertise des agents de voyages le moment venu.

 

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Ce sont les derniers voyages sur rails que j’ai effectués pour le livre Voyages de rêve en train: 50 itinéraires de rêve, publié en septembre chez Guides de voyage Ulysse.
4. Un superbe été à explorer le Québec. Bonus: la température parfaite. Que j’ai aimé mes escapades aux quatre coins de la province de juillet à septembre! Le Saguenay-Lac-Saint-Jean à deux reprises, Lanaudière, les Laurentides, les Cantons-de-l’Est, Chaudière-Appalaches, Outaouais, Québec… J’ai annulé tout ce qui était prévu après le 20 septembre. Ce n’est que partie remise.

 

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5. La réflexion, nécessaire. Envisager la suite avec de nouveaux outils en poche, mais aussi une nouvelle perspective du monde. Prendre conscience des liens qui nous unissent – qu’on le veuille ou non. Évaluer ce qu’il est possible de faire, à notre échelle, pour contribuer à un meilleur équilibre. S’il y a une chose dont je suis persuadée, c’est que se montrer du doigt les uns les autres ne mènera nulle part. Essayons de faire mieux, en partant de soi, plutôt que «moins pire que».
6. La poésie. Pendant des mois, je ne suis pas arrivée à plonger dans des romans ou des récits. La poésie m’a ramenée vers le beau. L’un de mes plus grands coups de coeur, comme plusieurs: La femme cent couleurs de Lorrie Jean-Louis. (Vive Mémoire d’encrier et La Peuplade pour les trouvailles.)
7. Les discussions à propos du racisme. Oui, nous avons tous des biais, peu importe notre bagage. Prenons-en conscience.

 

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8. La science. L’espoir apporté par les vaccins, notamment.
9. Les médias de qualité. J’ai consommé plus d’info que jamais en 2020, autant des médias internationaux que des journaux régionaux. Chapeau bas au travail de RDI, devant comme derrière, mais aussi à tous ceux qui font leur boulot avec cœur et rigueur, tous réseaux confondus.
10. La radio. Passer plus de temps au Québec m’a amenée à écouter un peu plus fidèlement certaines émissions. Je lève mon verre aux équipes d’émissions quotidiennes comme Pénélope, Plus on est de fous, Isabelle et Moteur de recherche!
11. L’élection de Joe Biden. La débandade de vous-savez-qui. Et Kamala Harris à la vice-présidence, pour tant de raisons…
12. Les terrasses et la cuisine de rue. Mention spéciale à Theo BBQ à Berthier-Sur-Mer, au bord du fleuve.
13. Les services de livraison. En plus des restaurants, de plus en plus nombreux à l’offrir, plusieurs boutiques et entreprises s’y sont mis. Même la SAQ livre à la maison plutôt qu’au bureau de poste! (À (re)lire pour mieux comprendre mon enthousiasme: ce billet dans lequel je parle de mon auto-confinement hivernal volontaire… avant la pandémie.)
14. Le cinéma et les séries. Sex education sur Netflix et C’est comme ça que je t’aime sur Tou.tv Extra ont été mes favoris de l’année. J’ai eu tant besoin de rire en 2020! D’humour intelligent comme de « profondément niaiseux ». La dernière saison de ma série favorite, Appelez mon agent (Dix pour cent), aussi sur Tou.tv Extra au Québec, m’a toutefois laissée un peu sur ma faim.
15. La musique. Summer Wine, interprétée par Alex Kapranos et Clara Luciani, mériterait un point à elle seule. Autre chanson coup de coeur qui m’a fait voyager cette année: Saigon de George Ka (sortie en 2019). Je n’ai par ailleurs pas écouté autant de musique québécoise depuis les années 1990. Merci Le Couleur, Peter Peter, Les Louanges, Eli Rose, Luis Clavis, Clay and Friends… (Vous aurez compris que je ne suis pas fan de néo-trad!)

16. L’absence de pression sociale/pouvoir rester terrée au chaud sans blesser quiconque quand je manque d’énergie pour les déplacements (je sais, c’est paradoxal pour une fille constamment en voyage quand il n’y a pas de pandémie).
17. L’intégration de nouvelles (bonnes) habitudes. J’ai fait du fudge comme si c’était Noël et bu beaucoup trop de vin tout le printemps. Au fil du temps, j’ai trouvé une sorte d’équilibre qui me convient mieux, sans restrictions, mais sans excès non plus. J’arrive à planifier un peu mieux nos repas, moi qui ai toujours opté pour la spontanéité.
Ces derniers mois, j’ai rempli mes paniers d’épiceries virtuels avec la même fougue que devant une carte du monde, à élaborer des itinéraires. Dans un cas comme dans l’autre, j’ai viscéralement besoin de pouvoir improviser si ce que j’ai planifié ne me convient plus au moment prévu (vive mon congélo – je n’ai jamais aussi peu jeté de bouffe que cette année, d’ailleurs, même si nous en gaspillons quand même sans doute plus que la moyenne, à mon grand dam). Merci à Maturin, Lufa et à notre fermier de famille, qui nous ont permis de bien manger au cours des derniers mois, malgré les ratés des apps et les multiples péripéties avec les services de livraison d’IGA et Métro (oui, je faisais mes grosses épiceries en ligne même avant la pandémie). La permission accordée aux importateurs de vin de livrer directement aux particuliers et le panachage auront aussi apporté un baume. Mention particulière à Vinealis!
18. Simons et Chanv, deux entreprises québécoises. J’aimais Simons: je suis maintenant une inconditionnelle. J’ai apprécié la manière dont son dirigeant a géré la situation, l’emphase mise sur les produits québécois, l’application mobile super-pratique et simple à utiliser, une section «Maison» qui permet de faire de nombreuses trouvailles, le service à la clientèle hors pair, y retrouver les produits des hôtels Le Germain (j’adore la crème pour le corps de Ruby Brown)… Pour toutes ces raisons, Simons a marqué pas mal de points chez nous cette année.
Testés sans grandes attentes, un peu par hasard, les produits Chanv, à base de cannabis, ont été l’une de mes belles découvertes de l’année. Parfaits pour ma peau déshydratée! Je les déniche à l’Espace organique, à Longueuil, ou chez Simons (en ligne). Il est aussi possible de les commander sur le site du fabricant.
19. Les spectacles et événements virtuels en direct. Oui, je suis prête à payer pour voir mes artistes préférés ou prendre part à une visite guidée bien ficelée. Mentions spéciales pour David Goudreault, dont j’ai adoré le spectacle le 16 décembre dernier, et à Édimbourg à emporter, jeune entreprise pleine de créativité.
20. La gratitude sincère ressentie à de multiples reprises malgré le contexte.

 

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Et maintenant?

Après avoir dû racheter coup sur coup lave-vaisselle et frigo, qui ont lâchés en début d’année, puis fait réparer mon ordinateur en attendant de pouvoir en racheter un autre, je magasine en ce moment un sofa. Qui l’eût cru? J’ai aussi hâte de m’endormir dessus en regardant des films que si je m’apprêtais à partir en voyage… Clin d’oeil à la MJ trentenaire qui aurait ici levé les yeux au ciel.
Malgré tout, comme je l’ai mentionné dans Que reste-t-il de nos voyages? à la lumière d’une étude abondamment relayée, je reste persuadée que le bonheur le plus durable prend sa source dans les expériences plutôt que les biens matériels. C’est pourquoi la lueur apportée par les vaccins, au bout de cet interminable tunnel, m’aide à respirer un peu plus profondément.
Plus que jamais, je souhaite voyager de manière plus éthique. Je rêve de longs séjours en famille et même d’une expatriation, si les planètes s’alignent.
Mais chaque chose en son temps. En attendant, il me reste à le choisir, ce sofa-symbole… et à le recevoir!
Je vous souhaite une nouvelle année remplie de douceur, de paix et de santé et un nombril sans mousse. N’oubliez pas que de sacrées belles fleurs peuvent pousser sur la merde.

 

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Pour vous amuser pendant le temps des Fêtes, deux quiz que j’ai rédigés pour Le Devoir:

Un jeu-questionnaire (plus ou moins) futiles pour voyageurs immobiles, Cahier Plaisirs, Le Devoir
15 questions pour voyager en pyjama, Le Petit D, Le Devoir

 

Quelques textes publiés cette année:

La lumière au bout du tunnel, Avenues.ca, 15 décembre
Dormir dans une ancienne banque, Le Devoir, 21 novembre
Ces lieux qui racontent des histoires, Le Devoir, 19 septembre
Un séjour à l’hôtel comme un voyage dans le temps, Le Devoir, 19 septembre
À la découverte des montagnes de Banff, ELLE Québec, 3 octobre
10 idées d’escapades sans voiture au Québec, ELLE Québec, 10 septembre
Comment tente-t-on de nous convaincre de repartir?, Avenues.ca, 18 novembre
À chacun son fjord, Le Devoir, 18 juillet
Expériences gastronomiques à l’hôtel, Avenues.ca, 24 novembre
Voyager en période de pandémie: les pour et les contre, Avenues.ca, 27 octobre
Voyager grâce aux sons, Avenues.ca, 21 octobre
Le goût des villes, Avenues.ca, 30 septembre
Retrouver le Lac-Saint-Jean, Avenues.ca, 8 juillet
20 choses à faire au Québec pour un été inoubliable, ELLE Québec, 28 juillet
Cap sur les eaux turquoises de la Baie Georgienne en Ontario, 20 juin
Je vous invite par ailleurs à aller fouiner dans les archives d’Avenues et les cahiers Plaisirs, publiés tous les samedis depuis juin dans le quotidien Le Devoir (il n’est pas possible de faire des recherche par chronique ou par auteur dans les cahiers spéciaux du Devoir).

 

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À Singapour, en février dernier, on prenait ma température chaque fois que j’entrais dans l’hôtel.

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