Réflexions

L’hiver en coton ouaté

20 novembre 2019
J’ai décidé de passer l’automne et une bonne partie de l’hiver au Québec. J’avais besoin d’un temps d’arrêt avec les miens et de recharger mes batteries après une année particulièrement intense côté boulot. Suite à la publication de Que reste-t-il de nos voyages?, qui marque pour moi la fin d’un cycle important, je souhaitais aussi prendre le temps d’aller à la rencontre des amoureux des mots dans les salons du livres.
Mes escales à Saguenay et Rimouski m’ont donné raison. J’y ai eu tant de discussions enrichissantes avec des lecteurs, mais aussi d’autres auteurs! Renouer avec cet univers me ramène peu à peu à l’essentiel. C’est sur les routes du monde que j’ai le plus appris, mais devant mon clavier que j’ai le mieux compris.
Si vous êtes à Montréal entre le 21 et le 25 novembre, passez me voir au stand 602 des Éditions de l’Homme. Je serai aussi à celui des Éditions Goélette le jeudi 21 novembre de 18h30 à 19h45 pour Histoires de filles en sac à dos.

Moi qui tombe généralement en dépression saisonnière dès que les feuilles commencent à changer de couleurs, cette année, j’ai refusé toutes les propositions d’évasion exotique sans le moindre pincement au coeur. J’avais sincèrement envie de rester chez moi. De regarder des séries avec ma fille et mon chéri. De lire dans ma baignoire. De vivre en coton ouaté.
Est-ce ce désir qui rend la transition vers le froid plus facile que d’habitude ? La vitamine D que je m’astreins à prendre tous les jours depuis la fin de l’été (un exploit en soi que j’y arrive, moi qui oublie toujours tout) ? L’âge et une supposée maturité ? J’admets toutefois que la neige et la vague de froid qui se sont abattus sur Montréal la semaine dernière m’ont un peu engourdie.
Bien que certains débats qui font rage dans mon coin de pays me donnent parfois envie d’aller me terrer dans une lointaine contrée sans accès à WiFi (!), je savoure ces moments de semi-répit – je dois quand même travailler – en coton ouaté et couverture carreautée. Si j’ai pris le temps de voir plusieurs amis au cours des deux derniers mois, je sais que me convaincre de quitter mon cocon relèvera de l’exploit maintenant que Dame Nature semble déterminée à me faire enfiler des bottes.
Pour ceux qui, comme moi, prévoient minimiser les déplacements pendant l’hiver, voici les quelques stratégies que j’ai mises en place pour arriver au printemps avec un sourire aux lèvres. Parce que oui, la neige, c’est bien joli de ma fenêtre, mais je ne suis jamais arrivée à aimer sincèrement son contact ni le froid qui l’accompagne malgré tous mes efforts…
1- Faire l’épicerie en ligne. J’ai testé la formule à maintes reprises depuis le tout premier site qui permettait de le faire, au début des années 2000 et, longtemps, j’ai grogné parce qu’il manquait toujours quelque chose. Ce n’est pas encore parfait, mais la popularité grandissante du service fait qu’il est mieux rodé.
2- Les sites et applications pour commander des repas. De temps en temps, j’aime me faire livrer des repas prêts à déguster d’Antoine au quotidien, dans des plats réutilisables. La découverte de l’application Skip the dish me laisse aussi entrevoir une plus grande possibilité de repas servis à la maison selon nos envies spontanées, en plus d’Uber Eat, quand ma motivation pour cuisiner sera sous zéro (ce qui arrive de moins en moins – passer plus de temps à la maison m’incite à cuisiner davantage !).
3- L’elliptique dans le sous-sol. Soyons honnête : me rendre au moment de monter dessus m’est plus pénible que l’exercice lui-même. Mais quand je parviens à trouver la motivation, je peux bouger sans quitter ma tanière. J’avoue être trop léthargique en ce moment pour m’y remettre…
4- Me permettre de voyager par procuration. Quand l’envie d’évasion se pointe, j’aime me laisser charmer par les mots des autres, tous médiums confondus. Je lis toutefois très peu de blogues désormais, lassée par la redondance des discours.
Je ne cesserai jamais d’explorer le monde. Mais je prends aussi plaisir à fouiller des sujets qui abordent d’autres thématiques, souvent en périphérie du voyage, d’ailleurs. L’écriture de Que reste-t-il de nos voyage? a ravivé mon besoin de profondeur. J’ai recommencé à signer des reportages abordant des angles socios et psychos dans des magazines. En ce moment, je trime dur sur un bouquin sur les trains, coécrit avec une amie journaliste. J’enchaînerai avec un projet de fiction. Il y aura aussi un autre essai… En parallèle, je collabore à l’émission Moteur de recherche à ICI Radio-Canada Première et signe des chroniques et des articles sur Avenues.ca.
Le voyage, pour moi, sera toujours un mode de vie. Le mouvement a le pouvoir de me mettre en marche. De m’éveiller à ce qui se passe autour comme dedans. Je sais maintenant qu’il m’est possible de retrouver cette acuité dès que je m’offre l’espace mental nécessaire, peu importe où je me trouve.
Même à la maison.
Au cours des prochaines années, j’ai l’intention de voyager moins, mais de voyager mieux. Le sentiment d’urgence qui m’a toujours habitée est toujours bien présent, mais il m’intime de me poser pour remettre la création au centre de ma vie. C’est ça qui urge le plus.
Comme au début.

P.S.: Le lien vers ma nouvelle app préférée ? Totalement calculé : chaque fois que quelqu’un l’utilise, j’obtiens un rabais de 7$.  BEN QUIN que je vais le partager (dixit la fille qui n’a jamais voulu faire d’affiliation sur son blogue… :-D) !
(Photo prise à Lac Édouard, dans un train vers le Lac-Saint-Jean, il y a quelques années.)

Vous pourriez également aimer

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :