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Haïti comme vous ne l’avez jamais vue

24 novembre 2013

À l’invitation de Vacances Transat, j’ai eu l’occasion de «tester» le nouveau forfait proposé par le groupe du 10 au 17 avril 2013. En plus du reportage 12 coups de coeur en Haïti publié dans la section Voyage de MSN.ca et de mon article sur le projet Jalousie du Huffington Post, j’ai rédigé quelques billets pour présenter mes impressions, trouvailles et coups de coeur.

L'Anse à raisins, Côte des Arcadins, Haïti

L’Anse à raisins, Côte des Arcadins, Haïti

On ne débarque pas en Haïti comme on débarque dans un tout-compris classique à Cuba ou en République dominicaine. On vient ici davantage pour aller à la rencontre du peuple et de sa culture que pour se prélasser au bord d’une plage pendant sept journées consécutives. On sait d’avance que la pauvreté nous choquera. Que l’histoire du pays nous suivra comme une ombre tout au long du séjour.

Les touristes qui optent pour la formule développée par Vacances Transat prennent part à des excursions variées : visite de villes et de musées, découverte de la vie nocturne, randonnée en montagne, journée à la plage… Pas question de cacher les côtés plus sombre du pays. Après tout, ils ont contribué à façonner son identité. Mais le fait de découvrir des aspects plus rarement mis en lumière permet de se faire une image plus nuancée de la destination. D’avoir d’agréables surprises, aussi. On a beau avoir entendu parler de la beauté des plages, on ne peut réprimer un «wow!» bien senti en découvrant l’Anse à Raisins, sur l’île de la Gonâve, sur la Côte des Arcadins.

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Difficile, aussi, de ne pas craquer pour la musique festive du groupe Ram au légendaire hôtel Oloffson.

La cuisine locale est également à l’honneur, souvent dans des lieux aussi intéressants que les plats proposés. Comment ne pas être charmé par la vue en déjeunant à L’Observatoire de Boutilliers?

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Au Parc historique de la canne à sucre, non loin de Port-au-Prince, on peut participer à une visite guidée pour mieux comprendre le rôle de la canne à sucre dans l’histoire du pays, en plus de goûter différentes spécialités au restaurant Le Chateaublond.

À qui s’adresse le forfait?

C’est la question que je me suis posée toute la semaine. Clairement pas aux vacanciers dont l’objectif principal est de voir la progression de leur bronzage.  Je ne crois pas non plus qu’il convienne à profil précis de voyageurs. Ni seulement à la diaspora haïtienne.

L’encadrement proposé par Transat permet une incursion en douceur dans ce pays qui peut dérouter les moins aventuriers. Quelqu’un nous accueille à l’aéroport et un guide nous accompagne pendant toute la durée du séjour. Le forfait peut donc constituer une excellente initiation pour les voyageurs qui rêvent d’exotisme mais n’ont pas encore le courage de partir seul.

Le vacancier blasé des tout-compris classiques et qui se sent prêt à vivre une expérience plus immersive y trouvera aussi son compte. Le fait d’avoir un guide rassure, particulièrement pour la visite de Port-au-Prince. Ne pas avoir à se préoccuper du transport enlève aussi un poids.

Je crois pouvoir affirmer sans trop me tromper que les amoureux de l’Afrique de l’ouest retrouveront certains éléments qui les ont charmés sur le continent noir, à commencer par la chaleur et la générosité des gens. Après tout, de 80 à 85% des Haïtiens sont des descendance africaine.

Bien entendu, ce n’est pas l’Afrique non plus (même si par moment, j’avais l’impression de me retrouver sur un petit bout du continent flottant dans les Caraïbes!). Dans les montagnes, je revoyais tantôt les paysages de la Jamaïque, tantôt ceux de la région de San Cristobal en République dominicaine. Trop comparer serait toutefois passer à côté de son essence. Haïti a sa personnalité propre, résultat de son histoire complexe.

Village de Noailles, près de Port-au-Prince

Village de Noailles, près de Port-au-Prince

Statue du Marron Inconnu, à Port-au-Prince

Statue du Marron Inconnu, à Port-au-Prince

Musée Ogier-Fombrun, sur une habitation sucrière du XVIIIe siècle, à Montrouis, sur la Côte des Arcadins

Musée Ogier-Fombrun, sur une habitation sucrière du XVIIIe siècle, à Montrouis, sur la Côte des Arcadins

Randonnée dans la chaîne des Matheux, sur la Côte des Arcadins

Randonnée dans la chaîne des Matheux, sur la Côte des Arcadins

Considérant que le vol dure environ quatre heures, on peut s’y rendre pour de plus courts séjours.

Également à signaler: notre argent va majoritairement aux Haïtiens. Les hôtels avec lesquels Vacances Transat fait affaire appartiennent à des intérêts locaux. À Pétion-Ville, le Royal Oasis a vu le jour grâce à 200 investisseurs (le plus petit montant injecté a été de 1500$!), m’a raconté Jean-Marc Rousseau, le directeur général.  «Et nous avons 140 employés», a-t-il précisé. Évidemment, l’industrie touristique crée de nombreux emplois.

Les communautés impliquées dans certains projets bénéficient aussi de l’argent des touristes. Sur la Côte des Arcadins, 2$US par personne prenant part à une randonnée dans les montagnes revient aux villageois des hameaux traversés. Sur un total de 85$US, le montant peut cependant paraître peu élevé. À noter qu’il n’est pas remis en espèce, mais en projets, selon les besoins. L’argent amassé pourra par exemple servir à améliorer des infrasctructures.

La Ministre du Tourisme, Stéphanie Balmir Villedrouin, dit miser sur le développement d’un tourisme créatif. «Notre premier atout est la population haïtienne, croit-elle. À part la plage, les sites naturels, la gastronomie, notre histoire, le vaudou…»

La dépendance à l’aide internationale et l’instabilité politique ont contribué à donner une image négative au pays. La Ministre est déterminée à faire changer les perceptions. «Haïti doit devenir l’âme de la Caraïbe», a-t-elle déclaré devant le groupe de journalistes.

Stéphanie Balmir Villedrouin, Ministre du Tourisme

Stéphanie Balmir Villedrouin, Ministre du Tourisme

Y aller ou pas?

Bien sûr, rien n’est parfait. On sent que tout est en rodage. La formation est d’ailleurs l’un des objectifs mis de l’avant par le Ministère du Tourisme. Une police touristique a également été déployée quelques mois mon séjour là-bas.

Bien que des ajustements soient encore nécessaires, les gens semblent sincèrement heureux du retour des touristes. L’effervescence est palpable. Jamais je n’ai eu l’impression que ma sécurité était menacée. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas ressenti certaines craintes. Difficile de s’enlever de la tête toutes les images d’horreur vues au téléjournal au fil des années…

Mais les statistiques rassurent: en janvier dernier, un rapport de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (UNODC) a démontré qu’Haïti se classe parmi les pays de la region où le taux de morts violentes est faible. «Haïti est l’une des plus sûres destinations (touristiques)», a alors déclaré le premier ministre Laurent Lamothe.  Évidemment, comme n’importe où ailleurs, certaines zones sont à éviter.

Personnellement, après une semaine sur place, je n’ai qu’une envie: y retourner le plus tôt possible.

«Il faut qu’Haïti prenne conscience de sa richesse», a lancé l’historienne de l’art, auteure et éditrice Marie Alice Théard dans sa galerie de Pétion-Ville.

Nous aussi.

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Pratico-pratique:

• Coût d’un forfait d’une semaine en Haïti avec Vacances Transat: à partir de 1279$. «Il est possible de le moduler comme on le souhaite», souligne Debbie Cabana, porte-parole de la compagnie. Ainsi, vous pouvez décider de rester plus ou moins longtemps à Port-au-Prince ou d’opter ou non pour telle ou telle excursion. Pour les détails et les prochains départs, par ici. 

• Les forfaits incluent le vol direct avec l’avion depuis Montréal. Pour un voyageur dont la ville d’origine serait différente (un Européen, par exemple), il est possible de prendre part au forfait sans la portion aérienne.

• Monnaie: gourde haïtienne. On peut toutefois se débrouiller avec des dollars américains.

• Langue: créole haïtien et français.

• On trouve différents types d’hébergement sur place. Les hôtels proposés par Transat sur la Côte des Arcadins sont tous des 3 étoiles 1/2. À Port-au-prince, on trouve aussi des 3 et des 4 1/2. À noter que le Minsitère du Tourisme est en train de mettre son propre système d’évaluation des hôtels. Au lieu d’utiliser les étoiles, c’est l’hibiscus qui servira de symbole.

• Oui, des traces du tremblement de terre de 2010 étaient toujours visibles lors de mon passage. Mais les Haïtiens ont de l’humour. «Seule l’entreprise de pompes funèbres a résisté», a lancé la guide Dominique Wagner en pointant les vestiges d’un boulevard lors d’une visite Port-au-Prince.

• Attendez-vous à voir des déchets un peu partout. Maitenant que vous êtes prévenus, peut-être ne trouverez-vous pas ça «si pire»…

• Pour plus d’information sur le forfait et les excursions offertes, par ici.

À découvrir également: Forfaits de Transat, les détails12 coups de coeur en Haïti, Le Sud autrement48 heures au Cap-Haïtien, Divins tap-tapsPar hasard… le président haïtienHaïti vous attendQuand la perle des Antilles s’effrite dans son écrinHaïti comme destination touristique.

J’étais l’invitée de Vacances Transat. Les opinions émises ici sont 100 les miennes.

 (Une première version de ce billet a été publiée sur le défunt blogue EnTransit.ca 19 avril 2013.)
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