Alberta Canada Colombie-Britannique

Rocky Mountaineer : il était une fois dans l’Ouest

1 septembre 2015

Certains moyens de transport servent à se rendre d’un point A à un point B. D’autres deviennent des destinations en soi. Plus proche de la croisière que de la navette ferroviaire, le Rocky Mountaineer appartient sans contredit à la seconde catégorie.

Nous quittons Vancouver au petit matin, après avoir passé la nuit dans un lit douillet du Fairmont Vancouver. Le voyage nous conduira jusqu’à Lake Louise, mais d’autres passagers poursuivront jusqu’à Banff. L’aventure a un nom : The First Passage to the West. En ce mois d’avril, nous nous apprêtons à aller retrouver l’hiver, à 1731 m d’altitude. Le lac reconnu pour sa couleur émeraude est encore bien gelé à cette période de l’année (il peut le rester jusqu’en juin !).

Le paysage se met à défiler lentement. Micros à la main, les guides nous expliquent comment se dérouleront les repas au cours des deux prochains jours. Les plats concoctés à bord seront servis dans le wagon-restaurant du Service Gold Leaf (l’équivalent de la première classe).

Nature et gastronomie

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Sarah Bergeron-Ouellet et moi

Nous profitons du petit déjeuner pour passer l’itinéraire en revue. Ce soir, nous dormirons à Kamloops, et demain, au mythique Fairmont Chateau Lake Louise. Pendant le voyage, les guides résumeront les points marquants qui se trouvent de chaque côté des rails. Bien entendu, ils se feront un devoir de signaler la présence de toute bête sauvage ! Les passagers sont d’ailleurs invités à crier dès qu’un animal traverse leur champ de vision, exercice auquel se prêteront chacun d’eux sans aucune retenue les heures suivantes.

Une fois repue, je m’installe dans le confortable wagon panoramique. L’un des guides raconte le passage des explorateurs dans la région à l’époque de la ruée vers l’or. Plus tard, nous apercevrons le canyon Fraser, Hell’s Gate puis Jaws of Death George, aujourd’hui très prisé par les amateurs de rafting. Nous longeons ensuite la rivière Thompson. Quelque part entre Ashcroft et Wallachin, je me pince pour la centième fois au moins. Je réitère en découvrant le lac Kamloops, dans lequel se mire un ciel parfait en cette fin de première journée à bord.

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Le wagon panoramique

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Le long de la rivière Thompson, quelque part entre Ashcroft et Wallachin

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Lac Kamloops

Oui, il est grandiose, ce pays. Le découvrir par la voie ferrée nous rappelle l’importance des rails dans son histoire. C’est ce réseau promis à la Colombie-Britannique qui a convaincu la province la plus à l’Ouest d’entrer dans la Confédération en 1871.

Une nuit sur la terre ferme

Nous faisons escale à Kamloops pour la nuit. Contrairement à Via Rail, les trains du Rocky Mountaineer ne comptent pas de wagons-lits. Après avoir déposé les bagages à l’Hôtel 540, nous nous dirigeons vers un des endroits les plus populaires de la ville : The Noble Pig Brewhouse & restaurant. Oui, les amateurs de bière y trouveront leur compte. Mais si vous passez par là, il faut ABSOLUMENT goûter les (délicieusement cochons) cornichons. Avec ses mets plus raffinés, le restaurant Terra nous séduira ensuite.

Verrons-nous des aurores boréales ? C’est, du moins, la rumeur qui court. La propriétaire du Plaza hotel nous emmène sur le toit de l’établissement, d’où nous pouvons admirer… des nuages. Tant pis ! De toute façon, il faut être dans l’autobus qui nous ramènera à la gare à peu près à l’heure où le soleil se lèvera demain matin.

Deuxième journée

Après avoir traversé Stoney Creek Bridge, un pont construit par-dessus l’ancien, nous découvrons l’impressionnant lac Kinbasket, baptisé ainsi en l’honneur d’un chef autochtone. Ses berges dorées contrastent avec les teintes aigue-marines de l’eau.

Le coup de grâce, quelques heures plus tard : les Rocheuses. Impossible de rester de glace devant leur majesté. La cime tendue vers les nuages, chaque montagne semble narguer la précédente. Le tunnel Connaught me ramène à l’époque de la construction des rails. Les ouvriers devaient se sentir bien petits devant l’ampleur d’un tel défi ! Nous pénétrons dans le vendre du mont Macdonald et retrouvons la lumière du jour… huit kilomètres plus tard. Oui, huit !

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Kinbasket Lake

Kinbasket Lake

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Plusieurs «wow !» (et quelques dizaines de photos) plus tard, peu avant d’arriver à la gare de Lake Louise, nous entendrons l’annonce que nous espérions tous depuis le début du voyage : «Black bear ! Black bear !» («Ours noir ! Ours noir !). Dans l’excitation, j’oublie que mon appareil est réglé pour photographier les plats du repas du midi. Mes clichés sont tous flous, mais le souvenir reste bien net !

Black bear! Black bear!

Black bear! Black bear!

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Me, myself & the wind

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L'hôtel Fairmont Lake Louise

L’hôtel Fairmont Lake Louise

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Lake Louise

Pratico-pratique :

• Rocky Mountaineer célèbre cette année son 25e anniversaire.

• Trois classes sont maintenant proposées : Service Gold Leaf, Service Silver Leaf et Service Red Leaf.

• Prix de l’expérience The First Passage to the West : à partir de 1259$ (Red Leaf).

• Rocky Mountaineer propose 45 forfaits vacances et quatre itinéraires en train en Colombie-Britannique et en Alberta. Tous les trajets en train sont faits de jour. Ils peuvent s’effectuer d’est en ouest ou l’inverse.

• La gastronomie occupe une grande importance à bord. Des spécialités locales sont au menu, notamment le fameux saumon sockeye.

• Rocky Mountaineer a reçu plusieurs honneurs au fil des ans. Il a notamment été reconnu par le National Geographic comme « l’un des meilleurs voyages au monde» en 2010.

• Les trains sont en fonction d’avril à octobre.

• Info : www.rockymountaineer.com

Voyager en train au Canada, c’est se réapproprier le temps qui passe. Pas de trains rapides ici, de nombreux arrêts involontaires et des retards, mais aussi des paysages difficiles à faire entrer dans une photo tant ils sont grandioses. L’impression de découvrir le pays au rythme de nos ancêtres. L’obligation de faire “pause” alors qu’on vit sa vie en “fast forward”. Au cours de ces deux journées à bord du @rockymountaineer, j’ai vu des villages fantômes, des lacs aux couleurs et aux formes variés, des aigles gigantesques et des tunnels si longs que j’avais par moment l’impression de m’enfoncer dans le ventre de la Terre. Forcément, j’ai beaucoup pensé à ceux qui ont permis de rélier l’Ouest au reste du pays par la voie ferrée. Aux travailleurs qui ont dû se gratter la tête à maintes reprises en disant “c’est impossible”. À ceux qui ont laissé leur vie sur ce chantier titanesque. Les centaines de photos avalées par mon appareil témoignent de leur passage. P.S.: Cela ne veut pas dire que je ne rêve pas de voir AUSSI des tgv au pays. Il y a les trains pour se déplacer et ceux pour faire du tourisme. Le Rocky Mountaineer appartient à la seconde catégorie. #rockymountaineer #explorecanada #explorebc

Une photo publiée par Marie-Julie Gagnon (@technomade) le

Ce voyage a été réalisé à l’invitation de Rocky Mountaineer. Toutes les opinions émises sont 100% les miennes.

Cet article a d’abord été publié dans PAX magazine (juillet/août 2015, p. 8-12).

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6 Commentaires

  • Répondre Anne 2 septembre 2015 - 13 h 25 min

    ça me rappelle plein de souvenirs tout ça ! Quel beau trajet ! Bon moi c’était pas dans le Rocky Mountaineer, c’était dans le train classique 😉

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 3 septembre 2015 - 12 h 08 min

      J’ai beau aimer voyager à bord du Rocky Mountaineer, j’avoue que ma traversée du Canada de Toronto à Vancouver avec Via Rail était particulièrement magique. Je recommencerais n’importe quand!

  • Répondre Jennifer 6 septembre 2015 - 21 h 35 min

    OK c’est réglé. Moi je veux faire ça bientôt 🙂

  • Répondre Mes plus belles surprises de 2015 - Taxi-Brousse 28 décembre 2015 - 11 h 28 min

    […] • Rocky Mountaineer: il était une fois dans l’Ouest […]

  • Répondre (Re)découvrir le Canada en train - Taxi-Brousse 11 mai 2016 - 20 h 04 min

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