Afrique

Sur les routes du nord de la Tanzanie

11 mars 2017
Des ânes et des chèvres paissent tranquillement le long de la route bordée de flamboyants. J’aperçois une femme portant ses emplettes sur la tête et des vendeurs de charbon. « Ils le font avec des acacias sauvages même si c’est interdit », raconte Geoffrey, notre guide et chauffeur pour la semaine.
Nous avons quitté l’aéroport du Kilimandjaro il y a moins d’une demi-heure. Ma fille, Maya, et moi prenons part à un circuit dans les parcs du nord de la Tanzanie avec Terres d’aventure. Deux autres familles françaises voyagent avec nous : une maman et ses garçons de 8 et 11 ans et un grand-papa accompagné de son petit-fils de 10 ans. La conjointe de l’homme de 73 ans prend aussi part à l’expédition. Nous venons tout juste de les cueillir à l’aéroport. Nous sommes séparés en deux groupes, selon le nombre de places dans les 4X4.
Comme le trajet était plus long pour nous, Maya et moi avons passé la nuit dans un hôtel qui se trouve à quelques minutes d’ici. Dans la voiture qui nous y emmenait, hier, j’ai échangé quelques mots avec une New-Yorkaise dans la quarantaine venue gravir le plus haut sommet d’Afrique. Je me demande toujours ce qui peut bien pousser quelqu’un à se lancer dans une aventure aussi extrême. « Have you ever heard of the mid-life crisis ?» m’a-t-elle répondu avant d’éclater de rire. Nous ne l’avons plus recroisée ensuite.

On conduit à droite en Tanzanie !

Sur la route entre l’aéroport du Kilimandjaro et Arusha

En s’approchant du mont Méru, le paysage se transforme. La végétation se densifie. Derrière nous, le Kilimandjaro semble déjà loin. « Nous sommes à 1600 mètres d’altitude », explique Geoffrey.
Des femmes travaillent dans les rizières, les fesses en l’air. Un champ de fesses moulées dans des tissus bigarrés. La proximité d’une rivière permet aussi de cultiver concombres, oignons, mangues et choux. « Et le maïs pour l’irrigation », ajoute notre guide.
À 15h10, nous pénétrons dans la ville d’Arusha. C’est ici que plusieurs voyageurs débutent leurs circuits. Une ribambelle de gamins en uniformes bleus et blancs traversent notre champ de vision. Les enfants viennent de quitter l’école.
Une odeur de feu se mêle à celle des pots d’échappement. Devant nous, une camionnette roule dans un nuage de fumée. On peine à distinguer les icônes religieuses qui recouvrent la carrosserie.
Des embouteillages. Parmi les plus grandes villes au pays (troisième selon notre guide, quatrième selon Wikipédia), Arusha m’apparaît étouffante.
Deux jeunes garçons font du stop, jerricans à la main. Geoffrey pointe une plantation de café. Les plantes grisâtres qu’on aperçoit le long de la route ? Du sisal. Google me confirme plus tard que je n’ai pas halluciné : ce sont bel et bien les mêmes qu’au Mexique. On les utilise pour fabriquer des cordes.

Sisals (et non « siseaux »)

Sur une enseigne peinte à la main, je lis « Hugobosscarwash ». Je ne sais plus si les mots étaient ainsi amalgamés ou si j’ai noté trop rapidement dans mon iPhone.
J’aperçois de plus en plus de Massaïs, facilement repérables à leur tenue éclatante. Du rouge, du violet, des carreaux. « C’est pour effrayer les animaux », dit Geoffrey. Pas question pour eux de les chasser, puisqu’ils ne consomment que du bétail.
Il a plu ces derniers jours. « Les Massaï sont contents, ils recueillent l’eau. »
Il y a cette plante, « l’orimiti » ou quelque chose comme ça qu’utilisent les Massaïs pour se brosser les dents. Je découvre plus tard qu’il s’agit plutôt d’Oremiti. C’est aussi le nom du lodge où nous dormirons après cinq nuits sous la tente.
Des enfants transportent du bois, qu’ils échangeront contre de l’ugali, sorte de polenta à base de farine de maïs, une fois à l’école. Du moins, c’est ce que je comprends entre deux moments d’absence. J’ai de plus en plus de mal à lutter contre le sommeil, aussi captivant soit le paysage.
Quelques kilomètres plus loin, des femmes vêtues d’indigo se détachent de l’horizon. Les tons de vert se font plus rares. La terre semble plus hostile.
Geoffrey emprunte une petite route cahoteuse. Nous approchons du lac Manyara. C’est là que nous dormirons ce soir.
Pendant toute l’aventure, deux personnes s’occuperont de monter et démonter les tentes et deux autres, de cuisiner nos repas. Rien de bien typique au menu, plutôt de quoi garder les petits estomacs bien accrochés. La soupe de concombre s’avère un franc succès ce soir-là.

Notre campement, face au lac Manyara

Notre campement au petit matin

Nos bagages étant restés à Amsterdam*, Maya porte un t-shirt acheté à la boutique de souvenirs de l’hôtel. J’ai bien des vêtements de rechange dans mon bagage de cabine, mais ni serviette, ni savon. Tant pis. De toute façon, l’odeur du chasse-moustiques acheté à la hâte à l’hôtel couvre toute autre effluve !
Des Massaïs gardent le campement. Je me sens tout de suite en sécurité auprès d’eux. Je dors comme un bébé malgré la chaleur torride jusqu’à environ 5h du matin. Prise d’une envie pressante, je me tortille dans mon lit jusqu’aux premières lueurs du jour. Malgré la présence rassurante des gardiens du site, pas question d’aller aux toilettes alors que je n’ai aucune idée quelles bestioles rôdent dans les parages !
Nous reprenons la route vers 8h. Cap sur le Parc national Manyara, avant de poursuivre notre route vers le lac Natron !
À Mto wa Mbu, qui signifie « rivière aux moustiques », Geoffrey immobilise soudainement le 4X4. Je jette un coup d’oeil par la fenêtre et repère nos sacs à dos en cavale près d’une voiture. Enfin !!!!!! Nous sommes peut-être en sol tanzanien depuis seulement 36 heures, nous avons tout de même voyagé avant pendant toute une nuit et toute une journée avant d’y atterrir.
Dans l’excitation, je ne remarque pas tout de suite qu’il manque plusieurs articles. Pour le moment, je suis beaucoup trop heureuse à l’idée de prendre une douche.

* Notre avion a quitté Montréal en pleine tempête de neige, avec du retard, alors nous avons pu attraper notre vol de justesse à Amsterdam… mais pas nos bagages.

À lire également: Tanzanie, nous voici !Partir en safari: que mettre dans le sac à dos ? et mon reportage sur Avenues.ca.

Pour (re)voir la chronique à Salut Bonjour Week-End sur la Tanzanie, par ici !

Pour (ré)entendre ma chronique aux Éclaireurs sur les safaris, par là !

J’étais l’invitée de Terres d’aventure. Une partie des frais du voyage de ma fille ont aussi été pris en charge. Le circuit auquel nous avons pris part s’intitule « Sur les traces de Simba le lion ». Merci aussi à la MEC, qui nous a aidée à nous équiper avant le départ ! Toutes les opinions exprimées sont 100% les miennes. 

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1 commentaire

  • Répondre Tanzanie : du lac Manyara au lac Natron - Taxi-Brousse 18 mars 2017 - 20 h 54 min

    […] lire également : Sur les routes du nord de la Tanzanie, Tanzanie, nous voici !, Partir en safari: que mettre dans le sac à dos ? et mon reportage sur […]

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