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Voyager plus vert : réflexions et pistes pour réduire son empreinte carbone

6 janvier 2019

Comme plusieurs d’entre vous, en 2018 plus que jamais, j’ai pris conscience de l’impact de mes voyages sur l’environnement. Pour être honnête, je dois cependant admettre que j’en ai eu un peu marre, à un certain moment, qu’on me montre du doigt parce je prends souvent l’avion. PAS BESOIN D’EN RAJOUTER, MERCI.

Lors d’un souper des Fêtes, une amie journaliste m’a raconté qu’en quelques semaines, elle a eu l’impression que les voyageurs étaient passés de cool à ASSASSINS DE LA TERRE. On veut bien reconnaître nos torts, mais de là à prendre tout le blâme (ou presque) ?

Pour ma part, à un certain moment, je me suis presque sentie dans une cour d’école. « MON BILAN CARBONE EST MOINS PIRE QUE LE TIEN ! » En quoi chercher plus « coupable » que soi fait de nous un meilleur citoyen ? Essayons plutôt de faire ce qui est possible pour améliorer notre bilan, à notre échelle, plutôt que se juger les uns les autres, non ?

L’avion au banc des accusés

Partir au petit matin…

La comparaison a frappé plusieurs d’entre nous : un seul vol transatlantique annule une année entière de végétarisme. On sait aussi qu’il vaut mieux passer le plus de temps possible à destination et éviter les sauts de puce. Mais l’environnement n’est pas le SEUL critère non plus quand vient le temps de faire des choix. Nous avons chacun nos contraintes, nos réalités et nos priorités. 

Mon travail implique de voyager assez régulièrement. Ayant une famille, je ne peux/veux pas partir longtemps, sauf quand nous prenons le large ensemble. Entre la culpabilité  ressentie à cause de mes absences et celle de ne pas maximiser assez mes déplacements, il n’y a pas de situation gagnante. Ma famille passera toutefois toujours en premier.

En contrepartie, même si nous vivons en banlieue, ni mon mari, ni moi n’avons de voiture, nous maximisons la marche et nous prenons les transports en commun. Nous portons attention, au quotidien, à la provenance des aliments que nous consommons et tentons d’encourager l’économie locale (sans virer fou, quand même !). Nous mangeons de la viande, mais moins qu’avant. S’il était aussi facile de commander des (bons) plats végés que du St-Hubert ou de la pizza, il ne fait aucun doute que nous pencherions pour cette option de plus en plus souvent. Nous sommes loin d’être parfaits, mais nous sommes conscients de nos mauvaises habitudes (allô la surconsommation d’essuie-tout !). Un pas à la fois… 

Pourquoi suis-je ainsi en train de me justifier, au fait ? Parce que vos regards désapprobateurs, je n’en ai pas besoin pour la ressentir, cette foutue culpabilité de fille qui prend trop souvent l’avion.

Que faire ?

Réserve de Bandia, Sénégal

Le transport aérien compte pour 2 % à 5 % des émissions de GES totales dans le monde, a rapporté Le Devoir dans un article intitulé Pour le climat, seriez-vous prêt à sacrifier vos voyages en avion?, en novembre 2018. En ayant conscience de ces chiffres, quelles sont les options qui s’offrent à nous si l’on souhaite continuer à voir du pays ? C’est plutôt à cette question que j’ai envie d’essayer de répondre aujourd’hui. Pas d’ajouter une couche de culpabilité supplémentaire…

En 2019, mon objectif est d’essayer d’équilibrer un peu mieux mes déplacements. Partir moins souvent, mais un peu plus longtemps – sans non plus exagérer pour les raisons énumérées précédemment -, me semble pour l’instant le meilleur compromis.

Mes recherches pour l’émission de radio Les Fêtes et rien d’autres, à ICI Radio-Canada Première, m’ont poussée à creuser la question ces dernières semaines (c’était le sujet principal de ma chronique de ce matin). Voici quelques-unes des infos que j’ai retenues.

Mon intention n’est absolument pas de tomber dans le prêchi-prêcha, étant moi-même irritée par tous ces flics verts auto-proclamés qui critiquent mes choix de vie, mais plutôt de partager certaines trouvailles dont je n’avais pas forcément conscience.

Le train reste l’un des moyens de transports les plus écologiques

À Londres en 2018

Passionnée de voyages sur rails, je suis particulièrement heureuse de constater que le train émet entre 33 % et 50 % de moins de COque l’avion. « Le train est de loin le mode de transport le moins polluant, affirme ConsoGlobe. Le TGV émet 3,2 kg de dioxyde de carbone, et les trains « classiques » en émettent 11,8. L’autocar est également une bonne alternative avec une émission moyenne de 58,5 kg de CO2 par passager. » Évidemment, ce n’est pas très pratique pour les voyages outre-mer…

Je privilégie déjà le train pour me rendre à Toronto ou New York depuis Montréal, notamment, trouvant plus simple de passer par les gares que par les aéroports. Côté budget, il est vrai que l’impact est moindre pour une famille de trois comme nous que pour une famille de quatre, cinq ou six.

Avis à ceux qui souhaitent se déplacer davantage en train : Via Rail fait régulièrement des promotions permettant aux enfants de voyager à petit prix (c’était le cas pendant les Fêtes). Il faut cependant avoir une certaine souplesse puisque les retards sont fréquents. De l’autre côté de l’Atlantique, les enfants peuvent parfois voyager gratuitement avec leurs parents munis d’une passe de Rail Europe.

En Europe, malgré le prix dérisoire des billets d’avion des transporteurs à rabais, je continuerai de maximiser les déplacements en train. Ça tombe bien : les nouvelles sont plutôt bonnes en ce début d’année, la Global pass de Rail Europe étant par exemple vendue moins chère qu’avant selon SmarterTravel.

À noter qu’en 2018, Air Transat a conclu un partenariat avec la SNCF, en France, simplifiant ainsi la réservation d’un combo avion-train. Corsair propose une option similaire.

Les vols directs sont moins dommageables

Comme c’est au décollage et à l’atterrissage que les moteurs d’avion brûlent le plus de carburant, Planetair, un service qui aide les particuliers, les entreprises et les organisations à comptabiliser, réduire et compenser leur empreinte écologique, recommande d’opter pour des trajets directs ou avec le moins d’escales possible (les accros des cartes à points n’aimeront pas, puisqu’on en accumule davantage en faisant plein de détours). « Plus il y a d’escales, plus l’avion émet de gaz à effet de serre. »

Logique, mais je n’en avais jamais pris conscience. Une autre bonne raison pour éviter les run de lait !

Le bon côté de la classe économique 

La classe économique est plus écolo que la classe affaires ! La raison est simple : plus de personnes par appareil signifie moins d’émissions, souligne Planetair. Par exemple, « un vol aller-retour de Toronto à Beijing via Vancouver génère l’équivalent de 7,4 tonnes d’émissions de COen classe économique, 11 tonnes en classe affaires et 17,7 tonnes en première classe. Un vol en classe économique est donc 2,4 fois moins nuisible qu’un vol en première classe ».

Vais-je refuser un surclassement quand je voyage pour le travail si on me le propose ? Honnêtement, non. Voyager dans de meilleures conditions permet d’arriver à destination plus reposé (en plus de mieux manger…). Par ailleurs, comme on me surclasse généralement quand il reste des places libres, que je sois assise sur le siège qui m’était assigné au départ ou dans un siège vide à l’avant ne changera pas grand chose, au final. Et puis, ce n’est pas comme si je voyageais non plus systématiquement en classe affaires, hein !

À consulter : l’Atmosfair Airline Index 

L’Atmosfair Airline Index compare l’émission de gaz à effets de serre des 190 plus grandes lignes aériennes du monde, en s’intéressant notamment à leur bilan carbone. C’est une source intéressante pour voir les efforts effectués par les différentes compagnies. Les trois meneuses de ce classement dévoilé en décembre 2018 pour les longs-courriers de plus de 3800 km sont Tui Airways (charter britannique), Air Canada et KLM.

Les compagnies aériennes ayant des flottes récentes obtiennent de meilleurs résultats parce que les appareils les plus modernes sont parmi les plus économes en carburant de l’industrie aéronautique.

L’implication environnementale des différents acteurs du tourisme

Hotel Xcaret Mexico

Air Transat est le premier voyagiste international à avoir obtenu la certification Travelife, qui est attribué après la vérification de plus de 200 indicateurs. Air Transport World a pour sa part nommé Air Canada transporteur écologique de 2018. Turkish Airlines continue de réduire son empreinte carbone, Air France s’engage à limiter l’impact environnemental de ses activités au sol comme en vol et SWISS milite « pour une action durable vis-à-vis de l’environnement et des générations à venir ».

Les compagnies aériennes ne sont pas les seules à mettre de l’avant leurs bons coups en matière d’environnement. Il y a quelques mois, j’ai rédigé une chronique sur les hôtels verts pour Avenues.ca. Je rapportais notamment le efforts du Groupe Germain depuis de nombreuses années.  L’hôtel Alt du Quartier Dix30 a par exemple été l’un des premiers au pays à utiliser la géothermie en 2007.

Lors d’un récent voyage sur la Riviera Maya, l’Hotel Xcaret Mexico m’a particulièrement impressionnée. Un extrait de ma chronique publiée Avenues.ca :

« Leader de l’écotourisme au Mexique, Xcaret Mexico est le premier hôtel des Amériques à avoir obtenu la certification EarthCheck Certification for Planning and Design, qui reconnaît les meilleures pratiques en matière d’énergie, d’eau, de transport, de choix du matériel, d’écologie, de société, de bien-être économique et culturel.

Neuf ans d’études tenant compte de différents facteurs géologiques et environnementaux ont été nécessaires afin de créer un lieu conçu afin de préserver l’écosystème. Au quotidien, des mesures sont prises pour réduire l’empreinte de carbone, utiliser l’eau de manière responsable, gérer les déchets adéquatement et obtenir un bon rendement énergétique. Tant à l’hôtel que dans les parcs, tous les déchets organiques sont compostés et utilisés pour la reforestation des zones de Destino Xcaret, qui couvre les parcs et l’hôtel, ainsi que les zones proches des autoroutes. »

Certaines destinations sont par ailleurs reconnues pour leur côté vert. Le cas du Costa Rica, dont j’ai récemment parlé dans Coup de pouce, est particulièrement intéressant. Pionnier en matière d’écotourisme, le pays protège 30% de son territoire.

L’épineuse question des bateaux de croisières

Malgré leur grande popularité auprès des adeptes, les bateaux de croisières attirent bien peu la sympathie par les temps qui courent. « Un bateau de croisière de taille moyenne émet chaque jour autant de particules fines dans l’air qu’un million de voitures », a rapporté Météomédia en août 2018. Bien que l’impact économique du passage d’un paquebot rempli de vacanciers dans une ville soit positif, plusieurs s’inquiètent pour l’environnement et se disent incommodés par le bruit et les odeurs.

Malgré tout, on trouverait de plus en plus de croisières écologiques, a souligné Radio-Canada l’été dernier. Que fait-on de tous les déchets produits en mer ? « Depuis une quinzaine d’années, la plupart des bateaux des grandes compagnies de croisières comptent à leur bord un agent environnemental dont le rôle est précisément de trouver réponse à cette question, écrit Carolyne Parent sur le blogue Expérience Transat. Il veille notamment à appliquer les politiques pro-environnementales de son employeur et à respecter les lois et les réglementations en vigueur tant dans le pays où le navire est enregistré que dans ceux où il transite. »

On voit par ailleurs l‘apparition de navires hybrides sensés réduire de 20% les émissions par rapport à un bateau classique. À suivre…

Et les voitures ?

 

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Impossible de ne pas s’arrêter constamment pour prendre des photos en roulant en Drôme provençale! #Huttopia #presstrip #France

Une publication partagée par Marie-Julie G / Taxi-Brousse (@technomade) le

Maintenant, le sujet le plus délicat… Selon Le Devoir, sur 9,9 tonnes de GES émises chaque année par habitant au Québec (2015), plus de 4 tonnes sont générées par les déplacements motorisés. Il y a plus de voitures que jamais dans la province, soit plus de 4,5 millions de véhicules en circulation.

Le contexte dans lequel nous évoluons et les décisions politiques passées font que les automobilistes continuent d’être rois. Je comprends qu’il est difficile de se passer d’un véhicule en région éloignée. Mais à Montréal, est-ce vraiment nécessaire de sauter dans son auto à la moindre occasion ?

« La plupart des calculateurs d’empreinte carbone estiment que l’usage d’une voiture ajoute grosso modo 2,5 tonnes de GES au bilan d’un individu pour chaque tranche de 10 000 kilomètres parcourus, écrit la journaliste Isabelle Paré. Laisser sa voiture chez soi pour prendre le transport en commun peut réduire de 26 % à 76 % le bilan carbone d’une personne, selon certaines études. »

Le covoiturage est aussi à considérer.

Bien entendu, la réalité des personnes à mobilité réduite est différente de celle d’une personne qui peut se déplacer facilement à pied ou en transport en commun. Là encore, il faut évaluer la situation dans son ensemble.

Par ailleurs, il est facile pour moi, qui ai fait le choix de ne pas avoir de voiture pour 1000 autres raisons avant l’environnement (en résumé, j’ai une véritable aversion pour les véhicules motorisés, je préfère de loin investir en expériences que dans une bagnole dont la valeur ne fera que décroître et l’idée de déneiger et déglacer l’hiver m’apparaît aussi sexy que celle de dormir sur un lit de clous – j’aimerais mieux dormir sur un lit de clous, en fait), de dénoncer cette situation. Le défi, dans mon cas, est de prendre moins souvent des taxis, surtout l’hiver.

Malgré tout, partir en road trip reste moins dommageable que prendre l’avion. Oui, tout est relatif…

Compenser nos émissions de carbone

Pour compenser la pollution engendrée par un vol Montréal-Paris, il faudrait planter huit arbres, mentionne Les Affaires. C’est ce que proposent différents organismes en échange d’une contribution.

L’idée est simple, a priori, mais concrètement, quand on commence à s’intéresser à la question, on ne sait pas trop où donner de la tête. Cet article du journal Le Devoir nous aide à mieux comprendre et à y voir plus clair.

« Plusieurs programmes de compensation des GES offerts au Québec ou ailleurs dans le monde misent sur la plantation d’arbres parce que les végétaux captent naturellement le gaz carbonique (CO₂) et peuvent l’emprisonner pendant des décennies, écrit le journaliste Karl Rettino-Parazelli. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) évalue que les forêts captent actuellement 25 % du carbone émis par les activités humaines et que cette contribution pourrait passer à 40 % avec des efforts de reboisement modestes. »

Trois pistes pour acheter des crédits de carbone au Canada : Compensations CO2 Québec, Carbone Boréal (dédié en plus à la recherche universitaire) et Planetair.

Bon à savoir : certaines agences comme Voyageurs du monde, Terres d’aventure et Karavaniers compensent à 100% les émissions générées par le transport aérien et terrestre. J’en ai glissé un mot dans cette chronique, publiée le printemps dernier.

Compenser ses émissions de carbone permet-il de se donner bonne conscience ? Bien sûr ! Mais ça reste mieux que contempler l’étendue des dégâts sans rien faire, non ?

À lire également :

Si vous souhaitez poursuivre la réflexion, voici quelques articles rédigés au cours des derniers mois :

Comment compenser carbone mes voyages?, Voyages etc

Petits gestes pour réduire son empreinte écologique en voyage, La Yukonnaise

Quel mode de transport écologique ?, Planet addict

Au-delà du pacte, Catherine Lefebvre

Environnement : coupable de trop voyager ?, ma chronique sur Avenues.ca

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13 Commentaires

  • Répondre Pélouas 7 janvier 2019 - 9 h 21 min

    Merci pour cet article éclairant qui remet les pendules à l’heure en matière de transport plus ou moins vert et de nos habitudes de vie professionnelle ou personnelle en la matière !

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 7 janvier 2019 - 9 h 25 min

      Pousser les recherches m’a aidée à voir des pistes de solutions, bien que modestes, plutôt que de continuer à m’auto-flageoler. Merci pour ton commentaire!

  • Répondre Bianca Pomerleau-Tourangeau 7 janvier 2019 - 10 h 19 min

    Excellent article! Je continue de penser – comme toi, je crois bien – que la réponse n’est pas dans les extrêmes, mais dans le changement des habitudes. On aura beau crier que l’heure est grave et que ça presse, tout le monde ne peut pas changer toutes ses habitudes du jour au lendemain. Prendre l’auto une fois de moins par semaine, c’est déjà bien. Prendre l’avion une fois de moins par année, c’est déjà ça. (Tout comme à la maison : intégrer un petit geste à la fois reste toujours mieux que de ne rien faire du tout!).

    De mon côté, j’adore le train et aime particulièrement les transports en commun en tout genre. J’ai bien hâte au jour où ces solutions seront plus souvent l’option la plus pratique (voire, que ce soit juste possible plus souvent) pour ma famille de 5! En attendant, l’auto reste dans la cour 95 % du temps et chaque déplacement en transport en commun est une occasion de plus de faire une petite part.

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 7 janvier 2019 - 10 h 36 min

      Merci! Si on est arrivés à cesser de manger du Nutella, nous qui y étions totalement accros, tout est possible (vive la tartinade Lindt)! 😀 Bien d’accord avec toi, faisons ce qu’on peut sans virer fou ni se juger. Et je comprends totalement, pour la voiture!

  • Répondre Anne Marie Parent 7 janvier 2019 - 11 h 29 min

    Super longue réflexion, Marie-Julie, bien documentée! Je n’en reviens pas que des gens te font des reproches parce que tu prends l’avion pour ton métier et pour tes loisirs et que tu te sois autant sentie obligée de te justifier! OK je comprends que tout le monde cherche des solutions à la catastrophe écologique qu nous guette, mais de là à te faire sentir coupable… Ishhh! Pour ton information, la compagnie aérienne Corsair a aussi un partenariat avec les trains: https://www.corsair.ca/vol/services/Services-Corsair/Services/tgv-air

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 7 janvier 2019 - 11 h 50 min

      C’est plus facile de critiquer les autres que se regarder dans le miroir… En étant un peu mieux informé, on peut au moins faire ce qu’on peut, à notre échelle. Je note pour Corsair, merci! J’ajoute l’info à l’instant.

  • Répondre galswind 7 janvier 2019 - 13 h 40 min

    Je me sens de plus en plus coupable de voyager aussi. Pourtant je n’ai pas de voiture, je ne mange presque pas se viande, et malgré mes voyages en avion mon bilan-carbone reste inférieur à la majorité des français MAIS je me dis que je devrais cesser tout de meme. Le problème c’est qu’avec 25 à 35 jours de vacances, même si c’est bcp,ça ne permet pas d’utiliser que le train, et puis parfois on n’a pas envie de se priver de son plus grand plaisir alors qu’autour rien n’est fait pour améliorer la situation. Ce n’est pas juste mon bilan carbone qui sauvera la planète.

    Bref c’est une question qui pose problème, je ne peux plus voyager comme avant mais je n’ai plus envie de me sentir aussi coupable non plus…

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 7 janvier 2019 - 13 h 51 min

      Très bon résumé. Je n’ai pas la prétention de croire que mes petits efforts auront un grand impact, mais je suis persuadée qu’on ne peut plus se comporter avec autant d’insouciance qu’avant, tant au quotidien qu’en voyage.

  • Répondre Laurent 7 janvier 2019 - 18 h 03 min

    C’est vrai qu’il y a eu comme qui dirait un retour de bâton en 2018 ou l’avion est passé tu truc cool au truc de grand méchant. Comme souvent, quand ça se retourne ainsi, ça peut-être un peu trop fort, un peu trop prêchi-prêcha. J’ai joué au jeu, peut-être (sans doute) pas toujours avec la finesse requise. Ce qui n’est d’ailleurs jamais une bonne idée, car on ne convainc personne (enfin pas moi en tout cas) en imposant ses vues, mais bien mieux en suggérant gentiment. Sauf que c’est plus compliqué.
    On a tous nos propres petits arrangements avec notre bonne conscience. Je me donne bonne conscience à essayer de prendre moins l’avion, mais quand je le prends, c’est quasi toujours l’option la moins chère, même si ça veut dire plein d’escales, et oui, les escales, c’est vrai, c’est pas bien :-/
    Que la classe éco soit la plus écolo, c’est vrai, mais pour le coup, il serait absurde de refuser un surclassement. Un ne te le propose que parce que ces places sont vides. Si plus de monde achète des billets dans des classes plus élevées, effectivement, c’est pas bon, parce qu’on va changer l’agencement intérieur des avions avec au total moins de places, mais là, c’est différent.
    J’arrête là, je déborde 😉

  • Répondre Emma - Planet Addict 8 janvier 2019 - 1 h 37 min

    Merci pour la mention Marie-Julie ! Ton article est TROP bien et super bien documenté. J’essaye de voir le côté positif dans ce basculement du voyageur de “cool” à “assassin” (tu m’as fait rire ^^), c’est que du coup l’ensemble de la communauté cherche des solutions, et ça je trouve ça trop bien ! Bien sûr, il faut aller avec son mode de vie, ses plaisirs et parfois ses contraintes de travail, pour moi l’essentiel c’est de se poser des questions et de commencer quelque part. C’est toujours 1000 fois mieux que de se dire qu’on peut rien faire et continuer comme si de rien n’était 🙂
    Pour enrichir, au sujet des compensations carbone ça peut être bien aussi de carrément soutenir une association qui plante des arbres de manière régulière, ou qui agit dans un autre domaine environnemental.
    A bientôt 🙂

  • Répondre Véro 9 janvier 2019 - 4 h 04 min

    Ton article est un excellent résumé des critiques les plus souvent entendues et des pistes à explorer pour s’améliorer. Cela a parfois été comme un défi pour nous de ne pas prendre l’avion. Du genre Bruxelles-Luxor. Mais on est rentrés en avion 😊. Perso je ne contribue pas ( ou pas encore) à mon empreinte carbone lorsque je prends l’avion, car j’utilise ce budget pour acheter des billets de train souvent plus chers que l’avion. Mon petit truc bonne conscience à moi : demander à la femme de chambre de ne pas changer les draps tous les 3 jours.

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 12 janvier 2019 - 20 h 34 min

      Merci, c’est gentil! On a clairement plus le choix de penser à tout ça… On fait tous chacun ce qu’on peut. Idem pour les draps!

  • Répondre Didier 15 janvier 2019 - 11 h 43 min

    J’aime bien ce “coup de gueule” bien amené. Effectivement, il convient de gérer sa contribution écolo en fonction de sa situation personnelle. La voiture ? Obligé d’en avoir une quand on habite en milieu rural comme moi, pour aller de banlieue en banlieue, oui, oui ! (c’est d’actualité hein ?)ou pour transporter les choses lourdes (Pb physique) mais je roule que par nécessité (12 ans et 72000 kms seulement en région parisienne c’est très peu). Pour aller au boulot : bus + train +Marche ! Avion : fini les escale, je privilégie les vols directs quitte à payer plus cher mais avec la fatigue en moins (je n’ai plus 20 ans !) Alors, oui, à chacun de faire son effort, mais laissez nous respirer à notre rythme !

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