Boulot Réflexions

Mise à jour sur la pige

15 mai 2011

Il y a longtemps que j’ai promis d’écrire ce billet. Je reçois encore régulièrement des courriels d’étudiants ou de gens qui rêvent de vendre leurs reportages à des médias québécois. Je les renvoie systématiquement à mes textes Journalisme à la pige 101 (les commentaires sont tout aussi utiles que le billet lui-même à mon avis – vous constaterez rapidement qu’il existe plusieurs manières d’aborder le métier), Ce que j’aurais aimé avoir le temps de vous direNon, il n’y a pas que de bons pigistes! (idem, pour les commentaires) et Devenir journaliste voyages. Il est temps de faire une mise à jour, la situation ayant beaucoup changé au cours des dernières années.

D’abord, après plus de 18 ans de piges, je me demande encore comment ceux qui se concentrent uniquement sur la presse écrite arrivent à payer leur hypothèque (ou même à en avoir une). Avoir des contrats de recherchiste, de reporter, de chroniqueuse et d’auteure télé m’a permis de boucler les fins de mois au fil des ans. Il m’est aussi arrivé d’accepter des contrats de rédaction (pour Dove, par exemple) et de traduction (en tourisme), généralement beaucoup plus payants que le journalisme. Je publie également des livres, mais je ne compte pas sur ce «hobby», comme dirait une certaine Nathalie Elgrably-Lévy, pour payer mes comptes.

Moi qui ai clamé haut et fort pendant des années que le journalisme à la pige était le plus beau des métiers malgré la stagnation du tarif au feuillet (j’ai vendu mon premier texte à l’âge de 18 ans – j’en ai aujourd’hui 36), je ne suis plus prête à dire cela aujourd’hui. L’arrivée de l’agence QMI dans le décor a scindé les pigistes en deux clans: ceux qui acceptent de signer un contrat dans lequel ils cèdent tous leurs droits, tant d’auteur que moraux, et ceux qui refusent. Difficile de faire abstraction de cette nouvelle réalité. Malheureusement, certains pigistes du second groupe ne se gênent pas pour condamner ceux du premier (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis désabonnée de la liste de discussion de l’AJIQ, je n’en pouvais plus de l’agressivité et du mépris de certains individus). Et certains du premier se «pètent les bretelles» parce qu’ils sont publiés dans des médias de masse… ce qui fait rigoler ceux du premier. Le prestige et la réussite sont bien relatifs dans ce monde. 

En quoi l’arrivée de QMI a changé la donne

Pour résumer la situation à ceux qui ne la connaissent pas: peu avant le lock-out du Journal de Montréal, Québécor a fondé QMI, une agence de presse qui a permis d’alimenter le quotidien de la rue Frontenac pendant toute la durée du conflit (mais qui, selon les dirigeants de Québécor, était dans la mire de l’entreprise depuis quatre ou cinq ans). Les employés de Canoë sont devenus ceux de QMI. Le contrat de cession de droits (actuels, rétroactifs et futurs) qu’on faisait systématiquement signer aux pigistes de TVA Publications depuis quelques mois a été rendu obligatoire aux collaborateurs du portail. Considérant que Québécor contrôle plus de 35% de l’information consommée par les Québécois, refuser de signer équivaut à fermer la porte à de nombreuses possibilités.

Après avoir fait le deuil de ma collaboration avec Clin d’oeil (au moment où le contrat a commencé à circuler, j’avais repris le poste de rédactrice en chef reportage par intérim, c’est vous dire à quel point la situation était épineuse… j’ai signé mon dernier texte pour le magazine en 2009, après avoir exprimé mon refus de céder tous mes droits), j’ai donc dû faire celui de Canoë.

Ce dont on parle peu dans toute cette saga, ce sont des humains. Ceux qui nous demandent de signer lesdits contrats ne sont pas ceux qui ont pris la décision de donner l’ultimatum aux pigistes. J’ai côtoyé des gens extraordinaires à qui j’ai dû dire au revoir avec regrets. De belles relations de travail auxquelles je n’avais pas envie de mettre fin. Dommages collatéraux qui font aussi mal que ce sentiment d’avoir donné pendant des années à une entreprise qui rejette l’expérience et la fidélité du revers de la main, préférant privilégier de jeunes plumes payées encore moins cher (je n’avais pas précisé ce point? Plutôt que d’augmenter, le tarif au feuillet a diminué dans certaines publications du groupe), qui verront leurs textes repris ad vitam æternam (j’exagère UN PEU, plusieurs étant liés à l’actualité) dans la «famille».

Au-delà du (très) désagréable sentiment d’exploitation, il y a eu cette sensation de trahison. Même si les chances de voir l’un de mes vieux textes sortir des boules à mites étaient très minces, l’idée qu’ils ne m’appartiennent plus m’apparaissait inconcevable. Un peu comme si vous réalisiez que vous aviez aimé quelqu’un à sens unique pendant plusieurs années et qu’il voulait en plus conserver l’unique exemplaire de votre album photo… Non, pour moi, le travail n’est pas qu’un gagne-pain. Je le fais sincèrement, avec coeur. Remarquez, la «saga QMI» aura eu cela de positif: elle m’a appris le détachement.

Alors, c’est bien ou mal de signer?

Même s’il est très difficile pour une «vieille routarde» (ça aussi, c’est relatif!) comme moi de voir la nonchalance avec laquelle certains nouveaux pigistes signent ces contrats qui me semblent toujours abusifs, je les comprends de le faire. L’AJIQ (et moi aussi, en mon for intérieur) prône la solidarité à ce sujet. Si tout le monde s’opposait, les entreprises devraient réviser leurs positions. Dans les faits, je compte sur les doigts d’une seule main les pigistes de ma connaissance qui ont refusé de signer le contrat de QMI (je parle ici de ceux qui l’ont eu sous les yeux – je me retiens de ne pas ajouter «et le couteau sous la gorge» -, pas de l’ensemble des pigistes).

Si je débutais aujourd’hui dans le métier, je me verrais moi aussi acculée au pied du mur: signer et espérer faire mon chemin, ou changer de domaine, carrément. Je pourrais bien sûr peiner pour me faire un nom et rêver de faire partie de ceux qui ont l’embarras du choix après plusieurs années à manger du Kraft dinner (ce que je ferais sans doute, n’ayant pas le bagage ni la perspective que j’aies aujourd’hui), mais je ne crois pas que je tirerais beaucoup de plaisir à l’expérience. N’oublions pas non plus que ceux qui débutent aujourd’hui ne sont pas forcément conscients de ce qu’ils devraient avoir, puisqu’ils ne l’ont jamais eu. La perte des acquis, c’est une chose. Partir de rien en est une autre.

Les réalités du métier ont changé. Les médias ont changé. On est tous d’accord là-dessus. Là où je tique, c’est quand on veut nous faire avaler que «c’est normal» qu’on cède nos droits. Que c’est dans l’ordre des choses. Pardon?

Léguer ses droits moraux signifie que le propos peut être modifié sans notre consentement (quelques phrases coupées ici et là, par exemple, peuvent avoir un effet catastrophique si le contexte n’est pas respecté). Quand on sait que la réputation d’un journaliste est ce qui lui permet de gagner sa vie, c’est beaucoup lui demander. À ce sujet, Les dix principes d’un contrat équitable, qu’on trouve sur le site de la Fédération professionnelle des journalistes, mentionne ceci:

On ne peut exiger que le journaliste indépendant renonce à son droit moral, qui le lie à son oeuvre et lui permet d’en préserver l’intégrité. L’éditeur ne peut apporter de changements significatifs à l’oeuvre sans l’autorisation du journaliste indépendant.

Certains observent que les contrats qu’il est nécessaire de signer aujourd’hui se valent tous, dans tous les groupes. Mais tous les groupes n’ont pas autant de tentacules que QMI. De plus, je n’en ai encore jamais vu qui vont aussi loin.

Personnellement, je n’ai jamais eu aucun problème à voir mes textes repris sur le site Web d’un magazine auquel je collaborais. Au contraire: cela m’a toujours paru logique. Au risque de me faire critiquer par les puristes du métier, je n’ai jamais eu d’inconvénient non plus à voir l’un de mes articles publié dans d’autres journaux d’un même groupe (au contraire, je trouvais cela plutôt flatteur). Mon gros bogue est quand on mélange Web, hebdos, mensuels et journaux. J’ai choisi de ne pas écrire dans certains types de publications; je ne vois pas pourquoi je serais soudainement heureuse d’y retrouver mes articles.

Dans un autre ordre d’idée, la pige peut user. Devoir conquérir un nouveau rédacteur en chef, même au sein d’une publication à laquelle on collabore depuis de nombreuses années, peut miner le moral (surtout après avoir vécu cette situation maintes fois – il y a un gros roulement dans certaines équipes de rédaction). Même en cumulant près de deux décennies dans le domaine, il m’arrive régulièrement qu’un courriel de «pitch» reste sans réponse. J’ai toujours jeté plusieurs bouteilles à la mer (et n’ai jamais hésité à la faire). La majorité se sont perdues. Heureusement, certaines ont été repêchée par des rédacteurs en chef aussi enthousiastes que moi. C’est ce qui m’a permis de ne jamais manquer de boulot.

Je copie-colle une partie du commentaire que le journaliste Pierre Racine a laissé suite à ce billet en 2009. Je ne suis pas d’accord avec lui sur tous les points, mais ses propos font écho à ceux de plusieurs «vieux de la vieille»:

J’ai plus de 30 ans de pige, « on and off ». Vous nommez une publication dans laquelle je n’ai pas écrit et je vous envoie 100 000 points Airmiles… Perspectives, L’Actualité, Châtelaine, Le Devoir, La Presse, Rogers, TVA, Nous, etc.

Je suis actuellement payé 150$/feuillet + taxes + interurbains.

Cela dit, voici les conclusions d’un vieux routier:

1. C’est un métier de misère. Je n’ai connu aucun pigiste (presse écrite) qui pouvait se payer une maison, une voiture et des vacances annuelles. Oubliez la vie normale: vous serez le clochard du quartier… Et si, par miracle, vous faites entre 2000$ et 4000$ nets au cours d’un mois, touchez du bois. Ça ne durera pas! Dans ce métier de pis-aller, il n’y a pas de loyauté, de pérennité. Tôt ou tard, vous ferez une erreur, un lecteur vous assassinera dans un courriel, votre face ne reviendra pas au nouveau rédac, le contenu rédactionnel sera amputé, etc.

2. Le VRAI problème n’est PAS le tarif au feuillet! J’ai fait BEAUCOUP plus d’argent à 50$/feuillet qu’à 150$: de 2 à 3 fois plus de l’heure. Le problème c’est la petitesse du marché qui est lilliputien. Je ne connais AUCUN métier (sic) dont le marché est aussi étroit, réduit: 3 ou 4 éditeurs dont les rédac en chef tiennent dans une salle de bain! IL EST LÀ LE PROBLÈME.

(…)

4. J’ai fait une recherche: les tarifs n’ont pas bougé aux États-Unis depuis…1957! Les caissiers chez McDonald sont mieux traités. Ceux qui reçoivent de l’aide sociale également, bien sûr.

5. Le manque de respect dans ce métier est caricatural! Un ingénieur, il conçoit les ailes de l’Airbus A380 et les offres fusent. J’ai écrit dans les publications les plus prestigieuses, traité avec de grands rédac en chef et journalistes (Jean-François Lisée, Laurendeau, Georges-Hébert Germain à La Presse où je faisais TOUJOURS le « front page ») et on me traite toujours comme si j’étais un imberbe boutonneux qui sort d’un certificat à l’UQAM! La réponse la plus fréquente qu’on me fait: « Pierre qui…? ».

6. Jouer au cassé, au bouffon de l’écriture, c’est drôle à 30 ans. Mais entendre ton voisin facteur qui te dit qu’il va en Europe cet été (à partir de son revenu de retraite!!) et que toi, tu sais même pas si tu vas pouvoir te payer un « Charlevoix » à 57 ans (crise économique: mes revenus ont chuté de 50% au cours des derniers mois), et que t’as pas un sou en fond de retraite, ça finit par lasser, par user, par ne plus être drôle.

8. Conclusion: la pige journalistique, ça peut être drôle…un temps. 3 facteurs favorisent l’intégration à ce métier de pure merde: la jeunesse, le fait d’avoir un conjoint qui a un revenu fixe et élevé (c’est mon cas) et la maladie mentale/l’inadaptation sociale… ce qui revient au même.

Je ne connais PERSONNE sain d’esprit qui aurait enduré tout ce que je me suis farci en termes d’insécurité sur une aussi longue période, une stagnation de revenu sur plus de 30 ans(!), des pertes, repertes et rerepertes de contrats, des cold call où tu dois jouer le rôle de minus qui quête son « obole », des maux d’estomac causés par l’anxiété, des emprunts que tu fais à ta femme parce que ton « chèque est en retard », etc. Oui, je sais, d’autres métiers sont sujets à des trucs du genre. Prends une de mes voisines; elle est agente imobilière. Elle a connu tout ça, avec une petite différence: elle a fait 60 000$ au cours des 3 derniers mois!

On parle ici bien sûr de presse écrite dans les médias traditionnels. J’ai pour ma part l’impression que le Web est en train de changer (un peu) la donne. J’ai un contrat de blogueuse voyages pour MSN.ca depuis 2009 qui m’assure un salaire minimum chaque semaine et, surtout, m’offre une grande liberté en plus d’être franchement stimulant (J’ADORE bloguer, surtout sur les voyages). Je signe également des reportages photos pour la section Voyages. Avant la saga QMI, je publiais chaque semaine une chronique sur Canoë (avec un salaire que j’avais négocié) qui m’assurait aussi une certaine sécurité (et là encore, une bonne dose de plaisir!). J’ai aussi vécu une très belle expérience avec Sympatico à l’époque où je signais les chroniques Mama Cool. Je privilégie les collaborations régulières.

Malgré tout ce que je viens d’écrire, j’ai encore assez de plaisir pour continuer. Mais je ne sais pas si mon discours serait le même si je venais tout juste de sortir d’une école de journalisme (en passant, oui, je considère qu’elles sont utiles, les études en journalisme – pas essentielles, mais utiles – ne serait-ce que pour les cours d’éthique)…

Si, après avoir lu tout cela, vous avez toujours envie de devenir pigiste, foncez. Mais gardez la tête haute et les yeux ouvert. Peu importe vos choix. La dignité, ça n’a pas de prix.

Et maintenant? 

Sur un plan plus personnel, j’ai fait de nombreux choix au cours des derniers mois. La liberté, la famille et mon désir de reprendre la route étant plus que jamais au coeur de mes préoccupations, j’ai décidé de privilégier l’écrit. Les tournages télé m’ont procuré énormément de plaisir jusqu’ici, mais la conciliation travail-famille m’a aussi causé pas mal de stress. On ne peut jamais être 100% certain de l’heure à laquelle va se terminer un tournage, à moins d’être en direct. Quand, à cela, s’ajoute la maladie – j’ai passé quelques mois difficiles suite à ma pneumonie l’année dernière et ma fille a aussi attrapé quelques virus – l’idée de pouvoir adapter ses horaires à sa guise devient séduisante. Je n’ai pas non plus de grands-parents dans les parages prêts à voler à notre secours quand un pépin survient. Je ne dirai jamais non à des collaborations télé spontanées, qui collent à mes intérêts et à mes horaires, mais je n’irai plus frapper aux portes des producteurs télé (du moins, pour l’instant).

Je souhaite par ailleurs mener de front davantage de projets littéraires et passer le plus de temps possible avec ma fille, qui commencera la maternelle à l’automne 2012.

Pour l’instant, je termine la recherche et la rédaction d’un livre qui me tient beaucoup à coeur (et qui n’a rien à voir avec le monde du voyage). Parallèlement, je continue d’assumer les fonctions de rédactrice en chef du magazine Fuga Destination Spa, en plus de tenir mon blogue EnTransit.ca. Je vais aussi me remettre à collaborer au blogue de Ztélé.com sur une base plus régulière sous peu et je signe de temps à autres des billets sur Alsace au menu.

Les autres projets sont trop embryonnaires pour que j’en fasse mention ici. La bonne nouvelle? L’un de ceux qui me prendra le plus de temps de juillet à décembre est parfaitement en accord avec mes nouvelles résolutions. S’ajouteront quelques piges occasionnelles et peut-être (j’espère) un peu de radio.

Et le journalisme voyages?

En terminant, un petit mot sur la pige en tourisme, puisqu’on me questionne sans arrêt à ce sujet (même si je suis encore très «verte» dans ce milieu). Mon premier conseil est de prendre votre temps pour bâtir votre réseau et votre crédibilité. De respecter les autres pigistes (et leurs «territoires» – très peu de médias publient des reportages touristiques au Québec), aussi. C’est un bien petit monde. Peut-être est-ce une question de personnalité, mais je préfère de loin avoir des alliés que des compétiteurs.

Être journaliste voyages est un métier en soi. Avoir sillonné la planète ne fera pas forcément de vous un bon journaliste. De la même manière, un bon journaliste ne sera pas forcément un bon travel writer (le terme anglo me semble tellement plus proche de la réalité – plus que du journalisme, écrire sur les voyages exige à mon avis de réelles qualités d’auteur et une grande sensibilité). Je considère que même avec 18 ans d’expérience journalistique derrière la cravate, je suis toujours en train de manger mes croûtes dans ce domaine.

Les meilleurs journalistes de la presse touristique sont ceux qui ont une bonne culture générale, une perspective, un bon bagage de vie et une plume exceptionnelle (en plus de toutes les autres qualités de base, la rigueur et la maîtrise de la langue en tête de liste). L’humilité me semble une qualité tout aussi essentielle que la confiance en soi (cette observation dépasse les frontières professionnelles – je trouve que de manière générale, l’équilibre entre les deux est rare).

Lisez les autres, d’ici et d’ailleurs. Intéressez-vous à l’actualité internationale. Sortez de votre zone de confort. Soyez vrai. Enlevez-vous de l’esprit l’image romantique du métier. Au-delà du glamour, il y a beaucoup de boulot, des horaires complètement dingues et un salaire souvent ridicule pour le temps investi (n’oubliez pas que pendant qu’un pigiste est sur la route, il ne gagne pas d’argent, à part s’il écrit pendant ses pérégrinations comme je le fais ce qui, croyez-moi, est fort exigeant).

Surtout, surtout: sans réelle passion et une fichue tête de cochon, vous n’irez nulle part.

P.S.: Je m’excuse sincèrement auprès de tous ceux à qui je n’ai pas pris le temps de répondre personnellement. J’espère que ce billet aura pu apporter quelques réponses à vos questions.

À lire également:

Ce que j’aurais aimé avoir le temps de vous dire (lettre aux étudiants d’ATM)

Je suis comme je suis (billet sur mon refus de retourner travailler dans un bureau)

Les dix principes d’un contrat équitable (FPJQ/AJIQ)

Vote de 86,6% en faveur d’un titre professionnel pour les journalistes (FPJQ)

Dossier – article du Trente sur le titre de journaliste professionnel (FPJQ)

ProjetJ.ca – observatoire du journalisme

Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ)

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Aucun commentaire

  • Répondre Katerine-Lune 15 mai 2011 - 16 h 05 min

    Merci Marie-Julie pour cette mise à jour et mise en contexte. Je suis aussi d’accord avec Pierre Racine qu’il faut être un peu fou pour vouloir être pigiste en presse écrite…

  • Répondre Cecile Gladel 15 mai 2011 - 17 h 02 min

    Oui il faut se diversifier, sinon on n’y arrive pas. Heureusement, j’aime la diversité. Mais si tous les pigistes étaient solidaires, on aurait de meilleures conditions….
    Et plusieurs autres proposent ces contrats indignes, j’en avais refusé un lucratif la mort dans l’âme, mais j’étais en paix avec moi même http://cecilegladel.wordpress.com/2010/04/08/cederiez-vous-vos-droits-moraux-pour-un-bon-tarif%C2%A0/

    Même si certains à l’AJIQ sont trop agressifs dans leurs commentaires, je te l’accorde, je crois que ce regroupement est nécessaire et être membre d’une association permet de s’entraider aussi. Les jeunes peuvent demander des conseils, vérifier qui sont les mauvais payeurs, participer au 6 à 8 et bien plus, etc.

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 16 mai 2011 - 10 h 07 min

      Je suis la première à croire que l’union fait la force. Je crois sincèrement en l’utilité de l’AJIQ. Mais je ne suis pas d’accord avec toutes ses batailles ni avec les opinions de tous ses membres. J’aimerais éprouver un fort sentiment d’appartenance envers cette association, mais je n’y arrive pas. Ça changera peut-être.

  • Répondre annabelle005 15 mai 2011 - 23 h 34 min

    Ce qui est bien, Marie-Julie, c’est qu’en lisant ton billet, j’ai envie de continuer à défendre mes droits parce que ta passion est contagieuse. Les discours qui ne font que critiquer les jeunes me blessent (ce n’est pas nous le problème après tout, mais les contrats, la convergence) et me donnent envie de me désolidariser.

    @Cécile: L’AJIQ devrait offrir une formation: “Garder la passion tout en conservant ses droits” et inviter Marie-Julie, non?

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 16 mai 2011 - 10 h 03 min

      Le hic, c’est que ma passion a été rudement mise à l’épreuve avec toutes ces histoires. Elle est toujours là, mais je suis devenue plus intransigeante. C’est aussi la raison pour laquelle je monte mes propres projets: je veux continuer à m’éclater dans ce boulot! Le facteur humain reste aussi primordial.

  • Répondre Yves Destination-Terre 16 mai 2011 - 8 h 22 min

    Beau billet, Marie. Et criant de vérité! Ça résume très bien les raisons pour lesquelles j’ai abandonné la pige papier depuis bien longtemps déjà. L’impression de n’être qu’un mouchoir pour les autres, mouchoir que l’on peut “disposer” à sa guise. Mais, avec le blogging, c’est un peu “autre époque même combat”. Et plus ce nouveau média va prendre de l’ampleur (surtout ici au Québec), plus on retrouvera des blogueurs désillusionnés. Les articles sponso en sont la preuve. Très payant parfois, il faut toutefois savoir faire les bons choix. Mais la règle d’or sera toujours de garder la tête haute, de croire en ses convictions et de savoir parfois dire non à quelques malheureux dollars.

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 16 mai 2011 - 10 h 11 min

      Heureusement, je n’ai pas l’impression d’être un mouchoir. Sinon, j’aurais quitté ce monde il y a longtemps! Comme je le disais précédemment, le facteur humain reste pour moi le plus important. J’aime travailler avec des gens que je respecte et qui me respectent aussi. Je me fous royalement de la «taille» du média auquel je collabore. Je veux travailler dans le bonheur, point. Croire en ses convictions et croire en soi, oui, c’est essentiel.

  • Répondre Yves Destination-Terre 16 mai 2011 - 11 h 25 min

    Je te concède que l’exemple du mouchoir était peut-être un peu forte mais tu as compris ce que je voulais dire. Il y a une vingtaine d’année, j’ai vendu un synopsis à Touchstone Picture pour le prix ridicule de 5000$ (et en cédant mes droits comme tu peux imaginer) et avec quelques modifications, un truc est sorti 18 mois plus tard sur grand écran… Tu imagines la frustration? Et les recours sont inexistants. Mais bref, j’avais apposé ma signature sur un contrat… Shame on me!

  • Répondre isis potins 16 mai 2011 - 16 h 45 min

    Enfin quelqu’un qui comprend ce que je vis au quotidien !!!
    isis

  • Répondre Julie Boudreau 16 mai 2011 - 22 h 40 min

    Très bon texte. J’ai l’impression de revivre ma vie, il y a 4 ou 5 ans avec Transcon. Là aussi, acculée au pied du précipice avec des contrats de cession de droits, j’ai quitté le bateau. Idem pour la télé où le cachet est passé de 650 $ à 125 $ pour la même chronique! Quand on ne rentre même pas dans son budget (recherche, déplacements, rédac …) pourquoi accepter de tels contrats? Juste pour voir sa “face-dans-la-tivi”? Combien de fois j’ai entendu “Y’a pas de cachet, mais on plogue ta compagnie. N’est-ce pas extraordinaire?” Pour moi, c’est un poste de salarié que j’ai accepté avec joie. Tout de même, je m’enuie de mes horaires flexibles, des colloques, des lancements, des rencontres, de la diversité et… oui, je m’enuie de ne pas voir ma “face-dans-la -tivi”… mais pas à n’importe quel prix.

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 17 mai 2011 - 8 h 20 min

      Je m’apprête à signer un contrat avec Transcontinental et ce que j’ai vu respecte les pigistes. Je ne sais pas si plusieurs versions sont en circulation (selon le média pour lequel on bosse), mais de mon côté, c’était OK. Quant à la télévision, c’est une autre histoire. Dans mon cas, j’ai presque toujours signé des contrats UDA (sauf à TQS parce que je travaillais sur une émission qui relevait du secteur des nouvelles, et à R-C – là, je ne sais pas pourquoi), ce qui garanti un cachet minimum. Je suis d’accord avec toi: le glamour entourant la télé est franchement surévalué. Oui pour un projet qui nous allume avec un salaire décent, mais non pour «avoir sa face à la tivi» à tout prix.
      Je te comprends aussi d’avoir accepté un poste à temps plein. Quand l’emploi est en accord avec nos besoins et nos valeurs, pourquoi pas? C’est surtout une question de personnalité: on m’a proposé des boulots qui m’auraient assuré au moins le double de ce que je gagne à la pige avec de belles conditions, de beaux titres et tout le tralala, mais la seule idée de devoir «aller au bureau» tous les jours me mettait presque en burn-out! LOL

      • Répondre Julie Boudreau 17 mai 2011 - 9 h 39 min

        🙂 Salariée… à la maison! Pas pire, hein? Pour la personnalité, je pige. La “stabilité-routine-poutine”, c’est pas pour tout le monde!

  • Répondre isabelle massé 16 mai 2011 - 22 h 58 min

    Je suis une lâcheuse (ancienne pigiste), mais une chanceuse. J’adorais ma vie de pigiste dans la vingtaine. Pas d’enfants, pas d’auto, seulement un loyer à payer et un beau sentiment de victoire chaque fois qu’un magazine me téléphonait ou acceptait une proposition d’article. J’adorais facturer… symbole de travail accompli. À 29 ans, je faisais énormément d’argent pour une pigiste à l’écrit (63 000$!). Un miracle dans notre petit milieu, mais au prix de 6 jours de travail par semaine, de 6h du mat à 1h du mat! Puis, La Presse m’a engagée et j’avoue qu’être “padée” côté assurances et rentrées d’argent à jour fixe a fini par me plaire. Devrait-on juger ceux qui cèdent leurs droits pour s’assurer du travail plus que des redevances? Non. Car un jour, on n’a plus 29 ans, on a un, puis deux enfants qui ont des dents cariés, des besoins (désirs) de partir en voyage autrement qu’en autobus.

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 17 mai 2011 - 7 h 17 min

      Je suis d’accord avec toi, mais je vois tout de même une ÉNORME différence entre accepter un emploi à temps plein dans un média qui nous respecte et accepter que nos textes – comme pigiste – soient repris dans l’univers entier sans un sou de plus, et avec la possibilité d’être complètement réécrits pour mieux «fiter» dans une autre publication (mon principal souci dans le cas précis du contrat de TVA Publications était au sujet des citations. Qu’est-ce qui me dit qu’un artiste ou un expert interviewé pour un reportage destiné à un mensuel n’allait pas se retrouver sans son consentement dans un hebdo à sensation? Pire: qu’est-ce qui me garanti que ses propos ne seront pas interprétés, ses citations, «légèrement» modifiées?… Si c’est mon nom qui est là, j’ai une certaine part de responsabilité)…
      De mon côté, je suis complètement dans la réflexion inverse. Je dis souvent à la blague que j’ai décidé de couper mon salaire annuel de moitié cette année pour avoir une qualité de vie (en réalité, je veux simplement ne plus travailler 7 jours sur 7). Il faut dire qu’avoir une famille fait aussi réviser les priorités. Maintenant qu’on a deux salaires à la maison (c’est récent), je pourrai ralentir un peu le rythme (et faire des trucs pas payants comme des livres).

  • Répondre Pascal Lapointe 17 mai 2011 - 1 h 08 min

    Bravo pour ce billet. Vous résumez superbement bien le problème, ou peut-être faudrait-il dire, l’impasse: les contrats sont indignes, mais on ne peut en vouloir aux gens qui les signent, que ce soit par ignorance, le couteau sur la gorge, ou les deux.

    Votre constat tend à confirmer ce que nous sommes plusieurs à avancer depuis bien longtemps, et c’est là, j’ose croire, que vous serez d’accord avec la raison d’être de l’AJIQ: l’individualisme a atteint ses limites. Pour améliorer leurs conditions de travail, à long terme, les journalistes pigistes auront inévitablement besoin d’une aide « extérieure » : que ce soit sous la forme d’une loi qui leur accorderait un droit à la négociation collective, comme les salariés, ou que ce soit par le biais de ce mythique statut de journaliste, je ne sais pas. Mais ça devra être imposé et pour ça, les journalistes devront faire la preuve qu’ils sont nombreux à le souhaiter.

  • Répondre Audrey 20 juin 2011 - 7 h 22 min

    Hey, merci pour ce super texte, Marie-Julie!
    Juste, pertinent et motivant.
    bisous
    Audrey

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