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Voyager avec des enfants en cinq points

6 juillet 2011

Fidèle à mon habitude, voici les notes que j’avais préparées pour ma rencontre avec Patrick Masbourian à l’émission PM, à la Première Chaîne de Radio-Canada, cet après-midi. La chronique portait sur le voyage avec les enfants, alors que je m’apprête à entreprendre la première étape du projet Un baluchon pour deux (Coup de pouce).

1- L’importance du choix de la destination: Ça semble banal, mais c’est la clé d’un voyage réussi à mon avis. Je dis toujours qu’il n’y a pas de mauvais choix de destinations quand on voyage avec nos enfants, l’important est de respecter nos limites à nous. Eux, ils ont une capacité d’adaptation beaucoup plus grande que la nôtre! Faire huit villes en deux semaines avec des enfants ne rendra personne heureux. Quand on part seulement une semaine (ou même deux), mieux vaut souvent arrêter son choix sur UN endroit et rayonner.

Ma règle perso: éviter les zones où le paludisme est un problème majeur (ou du moins, choisir le moment de l’année où il y a le moins de moustiques) et choisir des endroits où je ne vais pas angoisser pour notre sécurité.

Certains préfèrent opter pour la formule «tout-inclus». Idéal pour des vacances, quand on a envie de ne pas se casser la tête. Ce qu’il faut retenir, je pense, c’est qu’un enfant ne change pas le voyageur que nous sommes à la base. On a parfois besoin de repos, parfois de vivre des expériences. Il faut aussi être à l’écoute de nos propres désirs.

Personnellement, la seule chose que j’ai changée depuis la naissance de ma fille est que j’évite les hôtels insalubres (pas que je les aimais particulièrement avant, mais en voyageant à petit budget, il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir des cochambreurs illicites – coquerelles, rongeurs et autres fourmis).

2- Le décalage horaire: là encore, les enfants s’adaptent beaucoup mieux que nous. On dit toujours qu’il est préférable d’éviter de faire des siestes en arrivant pour se mettre tout de suite au rythme local, mais moi je n’ai jamais suivi cette règle-là. Quand je m’endors, je dors, ne serait-ce qu’une quinzaine de minutes.

Lors d’un voyage en Asie quand ma fille avait 16 mois, on s’était dit mon mari et moi qu’on inverserait tout simplement nos jours et nos nuits là-bas puisqu’on y allait pour une courte période. On a donc commencé le voyage en visitant les marchés de nuit et en dormant très tard le matin. À la fin du voyage, nous étions tous les deux encore un peu décalés, mais notre fille, elle, s’était progressivement mise à l’heure locale sans qu’on fasse quoi que ce soit. À un si jeune âge, on a la chance de pouvoir traîner la poussette, qui devient leur cocon, alors ils dorment n’importe où.

Contrairement à ce qu’on croit, c’est très facile de voyager avec des enfants en bas âge pour cette raison (du moins, selon mon expérience personnelle). Ça se corse un peu plus vers 3-4 ans, mais il y a d’autres avantages à ne pas négliger à cet âge-là, comme l’intérêt pour certaines attractions, l’envie d’explorer et, surtout, une meilleure compréhension générale de la situation.

3- Planifier ses journées: d’abord, ne pas surcharger l’horaire. Selon son âge, intéresser et impliquer l’enfant. À 4 ans et demi, ma fille aura son propre appareil photo et son «journal de bord», où elle pourra dessiner ce qu’elle a vu. Je m’assure aussi avant le départ de lui montrer où on s’en va sur une carte et de lui expliquer sommairement ce qu’on va faire, tout en gardant des surprises.

Il est important d’organiser l’horaire en laissant des plages de repos, tant pour les enfants que pour les parents. Il est aussi nécessaire de doser: on ne visite pas quatre musées en une journée avec des enfants qui ont envie de courir partout!

4- Perdre son enfant dans une foule: c’est la phobie de plusieurs parents, surtout dans un pays où on ne parle pas la langue. Perso, je glisse toujours une carte d’affaires dans la poche de ma fille (ou dans sa chaussure, selon ce qu’elle porte). Depuis qu’elle a 2 ans, elle sait qu’elle doit montrer cette carte à un adulte pour me retrouver. J’ajoute un numéro local (idéalement un ami ou une connaissance). Quand on visite un parc d’attraction, je lui indique les gens (l’uniforme) qui peuvent l’aider si jamais on se perd de vue. Pour les plus paranos, il existe aussi des étiquettes qu’on peut apposer sur la peau, comme un tatouage temporaire (j’en avais parlé sur EnTransit.ca), ou des bracelets personnalisés.

5- Les avantages à voyager avec des enfants: partout dans le monde (sauf en Amérique du Nord, ai-je parfois l’impression), les enfants sont bien accueillis. On pense qu’on va leur apprendre des choses en les emmenant en voyage, mais ce sont eux, bien souvent, qui nous ouvrent des portes. Les gens viennent plus spontanément vers nous quand on voyage en famille (au point que ça peut agacer certains enfants, qui deviennent littéralement des attractions). Ils se mettent aussi à jouer naturellement avec d’autres enfants, ce qui crée tout de suite un lien avec la famille de l’autre enfant. Pour ces raisons, j’ai souvent eu l’impression de vivre des expériences plus authentiques (peut-être pas à Disney World, mais c’est une autre histoire! lol) quand je voyage avec ma fille. Des barrières tombent. La méfiance aussi. Évidemment, voyager en famille permet aussi de passer du temps ensemble, dans un contexte où on a pas le stress du quotidien.

Je dis souvent que j’ai l’impression d’être une meilleure personne en voyage. J’ai aussi l’impression d’être une meilleure mère. À l’étranger, je ne subis pas le stress du quotidien. J’ai les sens en éveil et l’envie de tout découvrir. Le fait de me sentir aussi bien n’empêche pas les moments plus difficiles, bien entendu (ce n’est pas parce qu’on est de bonne humeur que l’enfant le sera au même moment!), mais favorise un climat beaucoup plus détendu.

Je parle de mon expérience personnelle, avec UN enfant. Je peux imaginer qu’il est plus difficile de plaire à tous avec une famille nombreuse… et qu’on revient un peu plus épuisé. 😉

Pour entendre l’entrevue à la Première chaîne, par ici.

Si vous avez envie de suivre l’aventure Un baluchon pour deux, rendez-vous sur le site de Coup de pouce.

MÀJ 25 février 2013: Ma fille est aujourd’hui âgée de six ans. Nous sommes allés au Sénégal en famille en décembre dernier et elle a pu prendre des anti-paludéens sans problème. Je lève donc officiellement ma règle perso d’éviter les pays où la malaria sévit quand je voyage avec elle!

À découvrir également: la chronique de mon amie Isabelle Marjorie Tremblay à V sur son récent voyage en famille en Suède et le blogue Voyager avec des enfants d’Isabelle Chagnon (Ulysse).

D’autres articles à propos du voyage avec des enfants:

• 10 choses que vous devez absolument savoir si vous comptez voyager en famille (EnTransit.ca, MSN.ca, 10 avril 2011)

• En avion avec les enfants: comparaisons des services offerts par différentes compagnies aériennes (EnTransit.ca, MSN.ca, 10 avril 2011)

 15 destinations accessibles en voiture (EnTransit.ca, MSN.ca, 14 avril 2011)

• Voyager seul avec son enfant: lettre assermentée ou pas? (EnTransit.ca, MSN.ca, 4 février 2010)

• Et si vous perdiez votre enfant dans une foule? (EnTransit.ca, MSN.ca, 20 février 2011)

• La Suisse, paradis des enfants? (EnTransit.ca, 20 juin 2011)

• Le Canada en famille (Espace Parents, novembre 2009)

• Le voyage en héritage (EnTransit.ca, 11 novembre 2009)

• Archives de mes billets sur Disney (EnTransit.ca, MSN.ca)

• Projet «Le Canada en 31 jours» (Canoe.com, été 2008)

• Voyager avec des enfants – témoignages de parents (EnTransit.ca, MSN.ca, 18 novembre 2009)

• Conseils pour des voyages en famille réussis (EnTransit.ca, MSN.ca, 18 novembre 2009)

• Dubaï en famille (EnTransit.ca, MSN.ca, 14 octobre 2009)

• Premier voyage mère-fille: le bilan (Taxi-brousse, 29 juin 2009)

• Archives de mes billets de la catégorie «Voyager avec des enfants» (Taxi-brousse, depuis 2008)

• Mes billets sur notre escapade en famille à Vancouver (Taxi-brousse, avril 2009)

• Mes billets sur notre voyage en famille à Taïwan (Taxi-brousse, mars 2008)

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7 Commentaires

  • Répondre Mawoui 6 juillet 2011 - 17 h 29 min

    Salut Marie-Julie !
    Je te lis depuis très très longtemps, et de nature franchement timide, je n’avais jamais commenté un de tes billets. J’ose enfin ! Pourtant, il y en a tant que j’aurais dû commenter, car ils ont été absolument inspirants et importants pour moi, notamment lorsque je jonglais avec mes aspirations littéraires, mes désirs de poursuivre mes voyages et de choisir de mettre au monde mon enfant malgré tout. Il y a un moment que je ne t’ai lu, j’ai beaucoup de billets à rattraper et dès que j’ai un moment je rattrape le tout. Taxi-brousse a été le premier blogue que j’ai découvert et face auquel j’ai eu rapidement un effet cathartique du genre “Ouch ! Cette fille-là, c’est absolument moi !” Certes, on diffère sur quelques plans, mais la passion des mots, des rencontres, des gens, des livres et un goût sensiblement pareil quant à ce qui semble se trouver dans notre ipod :), nous rejoignent. Je trouve absolument fantastique ces belles aventures qui s’ouvrent à toi avec ta fille (bien que je sais que tu as déjà pas mal voyager avec elle) et je crois sincèrement que tu es la personne idéale pour rendre compte de ces expériences, dosant lucidité et spontanéité, comptes-rendus amusants et impondérables savoureux !

    Je vous souhaite à toutes deux bien du plaisir !

    En espérant te croiser sur la route !

    Au fait, le truc de la carte d’affaire dans la chaussure c’est absolument excellent ! Merci 😉

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 6 juillet 2011 - 18 h 17 min

      Allô!
      Wow. Je suis vraiment très touchée par ton commentaire. Quand j’ai créé Taxi-brousse, ma fille n’avait pas encore deux ans et voyager régulièrement me manquait beaucoup. Je me disais qu’en écrivant ici, je resterais dans l’univers du voyage. J’avais aussi envie de réorienter tranquillement ma carrière vers ce domaine, mais avec une grande humilité. Les journalistes en tourisme sont nombreux et les médias qui publient des reportages sur le sujet, de plus en plus rares. J’y suis donc allée pas à pas, en tentant de développer mon créneau à moi et en montant des projets comme Le tour du Canada en 31 jours.

      Depuis quelques mois, ma situation familiale m’empêche de voyager autant que je le souhaiterais, alors j’ai décidé de créer mon job de rêve en impliquant ma fille dans un projet. J’étais aux anges devant l’enthousiasme de l’équipe de Coup de pouce quand je leur ai proposé l’idée d’Un baluchon pour deux!

      Tout ça pour dire que ton commentaire me donne un élan de plus pour continuer. Merci d’avoir pris le temps de l’écrire, et merci d’être du voyage! 🙂 N’hésite pas à commenter ici ou sur le blogue de Coup de pouce. Ça fait toujours plaisir, vraiment.

      P.S.: Je viens d’aller fouiner sur ton blogue… J’adore!

  • Répondre Mawoui 6 juillet 2011 - 21 h 44 min

    Très heureuse !
    Continue de développer des créneaux qui te ressemblent ! Non seulement tu as les idées originales et la créativité, mais aussi l’audace de les mettre en branle et c’est quelque chose que j’admire vraiment beaucoup chez toi.

    Je te lirai avec intérêt c’est certain ! (Et sûrement un brin d’envie 🙂 )
    Et n’hésiterai plus à commenter, la barrière est franchie.

  • Répondre CherryHanami 7 juillet 2011 - 9 h 19 min

    Merci pour cet excellent article. Monsieur et moi voyagons beaucoup, surtout en Asie, et nous entendons depuis toujours des : “Vous avez bien raison d’en profiter, parce que quand vous aurez des enfants, ce sera fini tout ça !”. Du coup, chaque année, nous repoussons notre envie de bébé. Merci donc de me convaincre que les vacances à l’autre bout du monde ne sont pas incompatibles avec un jeune enfant. J’essuierai sûrement des remarques mais au moins, nous ne renoncerons pas à nos vacances !

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 7 juillet 2011 - 9 h 31 min

      J’aime passionnément l’Asie. Nous sommes retournés à Taïwan avec notre fille quand elle avait 16 mois, en 2008, et nous avons fait un voyage fabuleux. D’abord, il y a des ascenseurs dans le métro (MRT) (c’est le cas un peu partout sur la planète… sauf à Montréal – quoiqu’on en a maintenant quelques-uns), ce qui facilite la vie avec un bébé. Le genre de petit détail qu’on ne remarque pas quand on a pas d’enfants, mais crois-moi, avec une poussette, ça compte! Le système de transport en commun est top, zéro problème quand vient le temps de prendre le train ou le bus. Et je ne parle même pas du fait que les gens ADORENT les enfants, surtout les étrangers (tout le monde voudra prendre vos enfants en photo)!
      Je t’invite à aller jeter un coup d’oeil au récit du voyage en Inde de ma copine Marie, qui s’y est rendue récemment en compagnie de son copain et de leurs deux enfants en bas âge: http://unefamilledelaterre.hautetfort.com/archive/2010/11/23/voyages-genese-d-un-voyage-en-inde-en-famille.html

  • Répondre mamanbooh 7 juillet 2011 - 21 h 32 min

    Comme j’aime ton article que je trouve réaliste et très intéressant! Merci.

    Retrouver ici mon amie Marie et ma découverte de la semaine (Mawoui) me prouve que je suis vraiment à la bonne place et qu’il est temps que je recommence à voyager, même si je suis une maman…

    Tu me donnes le goût, ça vaut de l’or!

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