Livres Nomade sédentaire

Éloge de la fuite

8 août 2009

9782226179647«Il paraît qu’il est peu glorieux de fuir. Dommage, c’est tellement agréable. La fuite donne la plus agréable sensation de liberté qui se puisse éprouver. (…)

Le concept de la liberté est un sujet rebattu dont les premiers mots me font bâiller. L’expérience physique de la liberté, c’est autre chose. On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D’ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même.

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut échapper à soi-même.  Ce que l’on fuit de soi, c’est la petite prison que la sédentarité installe n’importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s’en va: le moi est tellement étonné qu’il oublie de jouer les geôliers. On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants.»

(Amélie Nothomb, Ni d’Ève ni d’Adam, Éditions Albin Michel, 2007)

J’adore cette fille.

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7 Commentaires

  • Répondre Lucie Octeau 8 août 2009 - 10 h 01 min

    Je l’ai justement lu aussi dernièrement, avec l’envie d’embrasser chaque page.

    Je te parie que tu as aimé aussi : « Je fonçai dans le paysage. Ô merveille de courir! L’espace libère de tout. (…) Si tu meurs, pars. Si tu souffres, bouge. Il n’y a pas d’autre loi que le mouvement. »

  • Répondre Izzytravel 8 août 2009 - 11 h 43 min

    Merci Lucie, you just made my day. À toi aussi Marie-Ju, pour l’avoir souligné.

  • Répondre samuel 8 août 2009 - 14 h 12 min

    “Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime.
    Vous connaissez sans doute un voilier nommé « Désir ».”

    Henri Laborit “Eloge de la fuite”

  • Répondre jojo 8 août 2009 - 19 h 04 min

    c’est exactement ce que j’avais besoin de lire ici et maintenant! Je sors tout de suite l’acheter au Renaud-Bray ouvert jusqu’à 22h! Merci Marie-Julie!

  • Répondre Lucie Octeau 9 août 2009 - 10 h 10 min

    Wow! L’extrait de Samuel vient de taper dans le mille pour moi! + 1 livre à ma liste d’essentiels à lire prochainement! Merci!

  • Répondre Nathaly D. 9 août 2009 - 13 h 02 min

    Amen!

  • Répondre 10 citations inspirantes sur le voyage - Taxi-Brousse 22 mars 2016 - 20 h 41 min

    […] 6- «Le concept de la liberté est un sujet rebattu dont les premiers mots me font bâiller. L’expérience physique de la liberté, c’est autre chose. On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D’ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même. La bonne nouvelle, c’est que l’on peut échapper à soi-même.  Ce que l’on fuit de soi, c’est la petite prison que la sédentarité installe n’importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s’en va: le moi est tellement étonné qu’il oublie de jouer les geôliers. On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants.» – Amélie Nothomb, Ni d’Eve ni d’Adam […]

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