Ciné

Bollywood pour emporter

13 octobre 2008

En cherchant une info dans mes vieux dossiers «boulot» tout à l’heure, je suis tombée sur un plan de chronique rédigé pour l’émission Évasion quotidienne, présentée à Canal Évasion en 2004-2005.  Sujet de ladite chronique: Bollywood (enregistrée avant que je m’y rende). Eh non! Ma fixation ne date pas d’hier! Un extrait (évidemment, c’est écrit de manière «parlée» puisque c’était pour la télé):

 

En Inde, le cinéma est la grande passion nationale avec le cricket. Ça dépasse le simple divertissement. Un véritable culte est voué aux stars, mais personne n’a envie de voir sa fille devenir actrice puisque c’est encore mal vu. Seulement 5 % des films qui sortent en Inde ne sont pas indiens. Jugeant le cinéma occidental trop grossier, les Indiens ont développé leur propre langage cinématographique. À l’inverse, on a très longtemps considéré que le cinéma bollywoodien était non exportable. Il faut dire que les films durent en moyenne trois heures!

 

Pourtant, dans certains coins du monde, le cinéma bollywoodien connaît une popularité hal-lu-ci-nan-te. J’ai eu l’occasion de m’y initier alors que je faisais un stage au Burkina Faso en 1999. C’était l’hystérie totale dans la salle. En Afrique de l’Ouest, on RAFFOLE du cinéma indien! J’avais été aussi fascinée par ce qui se passait autour de moi que par ce que je voyais à l’écran. Je ne me souviens malheureusement pas du titre du film que j’avais vu à l’époque, mais pour résumer, ça se déroulait dans une école secondaire, les acteurs avaient tous l’air d’avoir plus de 30 ans et ils se mettaient à chanter et danser à tout moment, sans raison. Du « Greese extrême » quoi !

 

On parle de nombreuses langues en Inde, mais les films sont tous tournés en Hindi et sont rarement sous-titrés (ils le sont quand on les exporte: le film que j’ai vu à Ouagadougou était sous-titré, comme ceux que j’ai vus à Montréal par la suite). Ce qui veut dire que la majorité des Indiens qui se rendent au cinéma sont comme vous et moi: ils ne comprennent pas ce qui se dit à l’écran. C’est pour cette raison que les acteurs sur-jouent autant. Ils sont très, très, très expressifs. Les personnages sont toujours hyper-typés, pour que les spectateurs saisissent bien. (…)  Si, à Hollywood, on mise sur les effets spéciaux, à Bollywood, on mise résolument sur l’émotion. Mentionnons aussi que le cinéma indien présente généralement des gens des castes les plus hautes, donc des gens aisés, mais qu’il s’adresse « au peuple ».

 

Bien sûr, tout cela tend à changer. Je me rappelle que déjà, lors de mon voyage en Inde en 2005, on me disait que de plus en plus de films américains étaient présentés sur les écrans…

 

Je vous laisse avec la bande-annonce de mon film préféré, Kabhi Khushi Kabhie Gham («La famille indienne»). Celui qui tient le rôle principal est considéré comme le «Tom Cruise indien». Celui qui joue son père est l’un des acteurs qu’on a vu dans le plus grand nombre de films bollywoodiens. Et le bellâtre au chandail orange qui apparaît vers la fin (qui est en fait dans le film le frère obèse du héros qui se transforme en pétard quelques années plus tard! lol) est considéré comme un sex-symbols au pays d’Aishwarya Rai… Ne vous étonnez pas: on entend bel et bien quelques répliques en anglais ici et là. Sooo trendy!

 

 

Comme on trouve de tout sur Youtube, un petit malin s’est amusé à découper le film entier… Les dix premières minutes sont ici. (Ça vaut le coup juste pour la musique… Ah! Ces rythmes! Probablement les seuls qui arrivent à me faire bondir de ma chaise à tout coup!) Allez jeter un coup d’oeil à cette chorégraphie qui met en vedette le père, et à celle-ci, qui nous emmène en Égypte (top-kitsch – combien de robes différentes porte Kajol à votre avis?!)! Pour les cheveux dans le vent et un pseudo-rap, par ici, et pour les couleurs magnifiques des saris, par là!

 

Ça me fait réaliser que je ne suis vraiment plus à jour… Vite, un autre festival (et du temps pour y aller!)!

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Aucun commentaire

  • Répondre SekhmetDesign 13 octobre 2008 - 18 h 07 min

    Ouuhhh la la! J’pense que je peux me qualifier comme fine amatrice de Bollywood lorsque je reconnais tous les clips que tu mets dans ton billet! 😀
    Parlant de festival, il y en a eu un à la fin septembre au Cinéma du Parc ( FESTIVAL DU FILM DE BOLLYWOOD DE MONTRÉAL – Du 26 septembre au 2 octobre) et il est question d’en faire un autre bientôt. En espérant que bientot se résume à d’ici moins de 6 mois!

  • Répondre Marie-Julie Gagnon 13 octobre 2008 - 18 h 40 min

    JE SAIS!!!!!! Je n’ai pas pu m’y aller… 🙁 Y avait-il de bons films? Genre, des trucs plus récents que je devrais absolument voir?

    Fais-moi signe si tu apprends quand ce «bientôt» sera!

  • Répondre SekhmetDesign 17 octobre 2008 - 0 h 27 min

    Il y avait Devdas (que je n’ai pas pu voir, car je l’ai su en meme temps qu’il jouait), Mughal-e-azam (le classique des classiques, que j’ai écouté 50 fois au moins chez moi), d’autres dont j’oublie le nom, et Om Shanti Om (celui là je l’ai vu). Je viens d’ailleurs de me downloader toutes les chansons en sonnerie sur mon cellulaire 😛
    Et Om Shanti Om, c’est excellent. Un merveilleux Bollywood qui rend hommage et parodie le Bollywood des années 70. Une histoire de meurtre, cinéma, réincarnation et vengeance. J’ai failli danser dans le cinéma avec mes amis tellement la musique nous entrainait et qu’on était dedans!

  • Répondre Marie-Julie Gagnon 2 décembre 2008 - 18 h 44 min

    MOUHAHAHAHA! TROP COOOOOL!!!!!!! J’ADORE! Merci! :-)))

  • Répondre Séverine Regout 2 février 2009 - 18 h 16 min

    Bonjour,

    Je faisais une recherche sur la langue parlée dans les films bollywoodiens, et google m’a envoyée vers vous. 🙂

    J’ai beaucoup apprécié votre article qui permet d’en savoir un peu plus sur ce cinéma encore trop méconnu en France, où je vis.

    J’ai vu quelques films, il y a quelques années, dont “Chory chory chupke chupke” qui m’a bouleversée. Mais, n’en voyant plus sur les écrans ou la télé française, je les avais un peu oubliés.

    La semaine dernière, je suis tombée sur Kal Ho Na Ho qui m’a énormément touchée au point que je l’ai déjà vu deux fois et que j’écoute en boucle la bande son. Elle me touche, me donne envie de danser, de porter des saris… bref, elle me rend heureuse comme peu de musique y arrive.

    Je suis retombée dans ma passion pour ce cinéma si unique. Pour vous dire, simplement après avoir vu la bande-annonce, j’ai commandé Veer-Zaara, qui a l’air vraiment passionnant.

    Si je cherche à savoir la langue de ces films, c’est que j’aimerais l’apprendre afin de pouvoir non seulement les voir en VO, mais en plus les comprendre sans les sous-titres.

    Merci beaucoup de votre article qui m’a appris beaucoup de choses et félicitations pour votre blog que je trouve très attractif. Aimant les voyages énormément (entre autre, j’ai eu le plaisir de visiter votre beau Québec tout un mois en août 2007), j’apprécie vos articles et votre présentation.

    Bonne continuation. 🙂

  • Répondre à Pierre-Luc Annuler la réponse.

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