Livres

N’hésitez jamais

6 mai 2017
Hier, je suis passée devant une librairie où mes deux livres se trouvaient en vitrine. Vous n’avez pas idée à quel point ça fait plaisir !  Une fois à l’intérieur, j’ai pu les repérer facilement sur les présentoirs. C’est bien d’écrire des livres, encore faut-il que les lecteurs potentiels sachent qu’ils existent !
Je ne crois pas une seconde les auteurs qui disent écrire pour eux-mêmes. On souhaite tous être lus. Et on rêve tous, plus ou moins secrètement, d’arriver un jour à tirer un revenu suffisant de nos écrits pour en faire notre activité principale. C’est la raison pour laquelle on espère tous que nos livres se frayeront un chemin vers le haut de la pile des journalistes, chroniqueurs et blogueurs à qui il est envoyé.
Le rôle des libraires est tout aussi important. Même le meilleur livre de la Terre ne connaîtra pas le succès s’il est caché dans une obscure rangée. Et ça, c’est s’il est en librairie… Car les libraires ne tiennent pas TOUTES les nouveautés en boutique non plus. De là mon enthousiasme en apercevant mes livres bien en vue.
Non, je n’ai pas eu droit à ce privilège du jour au lendemain. C’est d’ailleurs probablement parce que je n’ai pas connu de succès instantané que j’apprécie autant la visibilité dont bénéficient mes livres. Je savoure ces moments pour toutes les fois où j’ai été déçue.
J’ai travaillé fort, au fil des ans, pour bâtir une vie dans laquelle je pourrais trouver l’équilibre entre famille, boulot, voyage et livres. J’ai publié une dizaine de bouquins tout en faisant 39248032 piges et en restant active sur les réseaux sociaux. Ça aussi, ça compte, aujourd’hui.
Bien sûr, certains diront qu’être présente dans les médias traditionnels aide aussi à faire parler de ses livres. Sans doute. Mais ma carrière de chroniqueuse voyage, je l’ai aussi bâtie petit à petit. J’ai mangé mes croûtes (et je continue !). Alors quand on me parle de « chance », il ne faut pas s’étonner de me voir lever les yeux au ciel. Ma véritable chance, c’est plutôt d’avoir les capacités physiques et mentales de mener à bien tous mes projets, en plus d’être née dans un pays où tout cela est possible.

Vitrine de la librairie Renaud-Bray sur la rue St-Denis, à Montréal

Un monde ingrat

Dois-je vraiment rappeler qu’au Québec, la plupart des auteurs touche 10% du prix de vente ? En France, c’est souvent 8%. Bien sûr, certains, plus établis, arrivent à négocier. D’autres acceptent n’importe quoi pour voir enfin leur rêve d’être publié réalisé. Sans parler du fait que les droits d’auteur ne sont pas toujours respectés.
« D’entrée de jeu, notons que vendre 1500 exemplaires d’un livre au Québec est un succès, a écrit Ianik Marcil, aussi éditeur, dans le Journal de Montréal le 14 août 2016. […] Même les ouvrages que vous voyez apparaître dans le palmarès Gaspard-Le Devoir ne se vendent qu’à 1500, 3000 exemplaires. Le Québec est un petit marché. »
Le graphique qui accompagne son article démontre clairement comment sont répartis les revenus. Dans le cas d’un auteur qui arrive à vendre 1500 livres à 20$, il n’empochera que 3000$. Quand on sait qu’écrire un livre prend plusieurs mois, voire des années, ça fait réfléchir.
Pourquoi en parler ? Parce qu’on méconnaît les réalités du milieu du livre. Parce que comme la plupart des auteurs, écrire des livres est la chose que j’aime le plus au monde malgré tout. Et que c’est parce que vous achetez nos livres qu’on peut continuer à en écrire.
Équiterre l’a martelé : acheter, c’est voter. C’est vrai pour le commerce équitable, mais aussi pour la culture. Quand on en a les moyens, on ne devrait jamais hésiter à acheter un livre qui nous fait de l’oeil. Il en est de même pour les billets de spectacles ou de cinéma, les oeuvres d’art et même les magazines, surtout indépendants, comme Caribou ou Planète F. Et puis, ce sont aussi de merveilleux cadeaux à offrir aux gens que nous aimons, occasion spéciale ou pas !
Par ailleurs, on ne devrait jamais « ménager » nos « like » sur les réseaux sociaux. On aime : on like. C’est simple, non ? Ces like – gratuits ! – ont une valeur inestimables, autant pour les blogueurs que pour les auteurs. Qu’on le veuille ou non, ils apportent un certain pouvoir aux créateurs de contenu. En 2017, les réseaux ont un poids quand ils s’agit de convaincre ou de négocier.
En clair, ne sous-estimez pas le pouvoir que vous avez d’aider les gens à réaliser leurs rêves. N’hésitez jamais quand vous pouvez faire une différence.Demandez nos livres en librairies. Aimez, likez, achetez !
J’en profite pour remercier du fond du coeur chaque personne qui prend le temps de me suivre ici et sur les réseaux sociaux et d’acheter mes livres, de même que les libraires qui prennent la peine de mettre nos livres en valeur. Vous êtes précieux ! 

À lire pour en savoir plus sur les réalités du livre :

Combien ça coûte un livre?, Ianick Marcil, Journal de Montréal, 14 août 2016
À quel prix, la littérature?, Acadie nouvelle, 12 avril 2017
Le côté sombre du livre québécois, Radio-Canada, 10 mars 2016
Pour les futurs écrivains, Anne Robillard
Écrire : pour le meilleur et pour le pire, Radio-Canada, 2003

À propos de mes livres toujours en vente :

Cartes postales du Canada (Michel Lafon, 2017)
Testé et approuvé : le Québec en plus de 100 expériences extraordinaires (Parfum d’encre, 2017)
Le voyage pour les filles qui ont peur de tout, coécrit avec Ariane Arpin-Delorme (Michel Lafon, 2015)
Cartes postales d’Asie a 10 ans (Mémoire d’encrier, 2007)

Le voyage pour les filles qui ont peur de tout à Budapest

P.S. : Un ÉNORME merci à Marie-Chantal Aubry, qui m’a fait parvenir la photo prise de la une, prise dans l’Ouest canadien. N’hésitez pas à m’envoyer vos clichés aux quatre coins du Canada vous aussi, ou de mes livres en librairie. Ça fait tellement plaisir !!!!!!!!

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4 Commentaires

  • Répondre tiphanya 7 mai 2017 - 4 h 59 min

    J’ai croisé ton dernier livre bien en vue sur une petite table d’une librairie parisienne. Mais je l’achèterai chez mon libraire.
    Pour l’instant mon premier livre est plus que confidentiel (et auto-édité ce qui n’aide pas), mais comme tu le dis, tout est une question de travail et motivation. Donc je continue pour que le prochain trouve un véritable éditeur !
    Félicitation à toi !

    • Répondre Marie-Julie Gagnon 7 mai 2017 - 6 h 47 min

      C’est vrai? Super s’il est facile à trouver en France! Où peut-on se procurer ton premier livre? Quel en est le titre? Merci et bonne «chance» pour la suite! 😊

      • Répondre tiphanya 8 mai 2017 - 4 h 09 min

        Facile sur Paris, on verra bien si j’arrive à le trouver en Alsace.
        Mon livre s’intitule « Voyager avec un bébé ». Il est en format électronique sur amazon (dont amazon.ca) et en format papier pour la France seulement.
        Tous les liens sont regroupés sur cette page : http://avenuereinemathilde.com/livre-voyager-avec-un-bebe/

  • Répondre maman Globe-Trotteuse 7 mai 2017 - 11 h 58 min

    Merci Marie-Julie!
    Nouvelle auteure de Globe-trotteuse: Aller-simple pour l’Afrique, ça m’a fait tellement de bien de constater que de nombreuses personnes du milieu ont pris la peine de m’écrire un mot d’encouragement dont toi notamment ;)!
    Oui, c’est un chemin semé d’embûches, mais le jeu en vaut la chandelle.
    Écrire est un excellent moyen d’expression qui devrait être fortement encouragé toute notre vie durant…
    PS-J’adore: « On aime, on like! »

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